Publié le 21 avril 2026

4 min

Au conseil municipal : accords sur les moyens des groupes et le sans-abrisme, piques sur les démissionnaires

#Actu

Le deuxième conseil municipal du mandat, lundi 20 avril, est resté globalement apaisé. Peu d’opposition frontale, mais plusieurs sujets politiques ont émergé, des moyens alloués aux groupes à une motion sur le sans-abrisme, jusqu’aux interrogations sur la démission de l’adjointe aux solidarités.

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Céline Geissmann et Mathieu Cahn lors du conseil municipal d’installation.

Le deuxième conseil municipal du mandat, lundi 20 avril, est resté globalement apaisé. Peu d’opposition frontale, mais plusieurs sujets politiques ont émergé, des moyens alloués aux groupes à une motion sur le sans-abrisme, jusqu’aux interrogations sur la démission de l’adjointe aux solidarités.

En deux heures et demie, les nouveaux conseillers municipaux ont voté les douze points à l’ordre du jour du conseil municipal du lundi 20 avril. Les indemnités des élu·es ont été approuvées dans la ligne adoptée lors du mandat précédent. La conseil municipal s’est aussi accordé sur les moyens alloués aux groupes politiques : 340 000€ par an, répartis à égalité entre les trois groupes d’opposition et les deux groupes de la majorité.

Cette répartition n’allait pas de soi. Les élus ont ferraillé toute la semaine, alors qu’il était question de n’accorder que 48 % de l’enveloppe à l’opposition, ce qui aurait accordé environ 47 000 euros aux groupes des écologistes, des Insoumis et de droite. Une première proposition avait même avancé le montant de 40 000 euros…

49 500 euros pour le groupe de Jeanne Barseghian

« Nous avons souhaité faire un effort jamais fait jusqu’à maintenant en partageant l’enveloppe à 50/50 », a expliqué le premier adjoint de Catherine Trautmann, Mathieu Cahn. L’objectif est de permettre à chaque groupe de payer « un collaborateur à temps plein rémunéré correctement », tout en ajustant les montants selon le nombre d’élus.

Dans le détail, les groupes de la majorité se partagent 170 000 euros (dont 43 000 euros pour le groupe de Pierre Jakubowicz). Côté opposition, les montants varient : 47 500 euros pour les Insoumis (ils sont cinq), 49 500 euros pour les écologistes (cinq également) et 73 000 euros pour le groupe Les Républicains, composés de dix élus.

Si le compromis est globalement salué, l’élu Les Républicains Jean-Philippe Vetter regrette de « faire les frais » d’une « prime aux plus petits groupes », tandis qu’Irène Weiss, du même groupe, souligne que « tout le monde n’est pas traité de la même manière ».

Contacté à l’issue du conseil, Thierry Sother, numéro deux de la liste de Catherine Trautmann, précise qu’il n’existe pas de règle unique pour fixer ces enveloppes. « Il y a un minimum avec un plancher qui existe, qui est très bas. Il n’est plus appliqué depuis 2014 avec Roland Ries », indique-t-il. Selon lui, la répartition a été construite après « de nombreux échanges », dans le cadre d’un accord politique visant à garantir à chaque groupe un fonctionnement permettant de financer au moins un poste de collaborateur, rémunéré autour de 2 200 euros nets mensuels.

Un inventaire des logements vacants

Autre moment important de la séance : l’adoption d’une motion portée initialement par le groupe des Insoumis, qui vient de rentrer au conseil municipal pour ce nouveau mandat, pour « garantir le droit au logement ».

Face à « une situation indigne de notre ville », Florian Kobryn évoque notamment le campement Krimmeri de la Meinau, où « une centaine de personnes » vivent encore à la rue, dont des enfants. Le texte propose plusieurs mesures, dont la publication d’un inventaire du patrimoine municipal pour mobiliser des logements disponibles, ainsi que l’élaboration d’un plan d’action avec l’Eurométropole, la Collectivité européenne d’Alsace et la préfecture. Retravaillé de manière transpartisane, le texte est devenue une motion commune, adoptée par 55 voix. Seuls les élus Les Républicains s’y sont opposés, par peur que la publicité des logements vacants ne soit stigmatisante pour les bailleurs publics…

Démission de Laure Pain

La démission de l’adjointe aux solidarités, Laure Pain, quelques jours seulement après sa nomination, a été posée en question d’actualité.

Le groupe Strasbourg Juste et Vivante, autour de Jeanne Barseghian, s’inquiète d’une « instabilité » au sein de l’exécutif et d’un « signal préoccupant sur la place accordée aux solidarités dans ce mandat », demandant des garanties sur la continuité de cette politique. « Cette démission s’inscrit par ailleurs dans un contexte déjà préoccupant, puisqu’il s’agit de la deuxième démission d’une élue en seulement 30 jours de mandat », souligne encore Germain Mignot, du Parti communiste, qui fait partie du même groupe.

Plus incisif, Florian Kobryn évoque une « démission fracassante » et lance au sujet de sa démission pour « raisons personnelles » : « Nous ferons semblant d’y croire. » En réponse, Mathieu Cahn estime que « lorsque des raisons personnelles sont évoquées, je vous invite à vous méfier de toutes extrapolations. Il ne nous appartient pas de commenter. »

Les délégations ne restent cependant pas vacantes, assure-t-il. Elles sont redistribuées temporairement : l’action sociale à Françoise Bey, actuelle adjointe à la nature en ville et au développement durable, la partie santé à Christelle Sturtz-Froelicher, déjà en charge de cette thématique, du sport santé et de l’accessibilité. Un arrêté de délégation est en cours et une nouvelle adjointe doit être désignée lors du prochain conseil, a promis le premier adjoint.

Par Eva Chibane

Publié le 21 avril 2026

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