Au sein du conseil municipal, le groupe socialiste compte cinq élus.
Le premier « vrai » conseil municipal de la mandature va voter la rémunération de ses membres, les moyens attribués à l’opposition et décider qui il envoie représenter la municipalité dans toute une série de structures qui gravitent autour de la municipalité. À suivre en direct-vidéo à partir de 15h.
Moins d’un mois après sa victoire aux municipales, la nouvelle maire socialiste Catherine Trautmann poursuit d’installer concrètement sa majorité. Passage obligé du début de mandat, la question des indemnités ouvrira la séance. Le conseil municipal doit fixer la rémunération de ses membres, un sujet traditionnellement scruté. D’après nos informations, les indemnités fixées depuis 2020 ne bougeront pas (voir l’encadré plus bas). Seule ligne qui devrait bouger : celle de la maire.
Selon des élus et élues présents lors d’une réunion préparatoire, l’édile diminuera son indemnité en raison du cumul maire de Strasbourg et présidente de l’EMS et aurait indiqué vouloir ne pas dépasser les indemnités totales perçues par Jeanne Barseghian lors du mandat précédent. Mais aucun document officiel, présent dans les délibérations, ne le confirme encore. Une réunion des président·es de groupe doit se tenir dans la matinée avant le conseil municipal, et c’est seulement là que des confirmations seront données.
Les moyens de l’opposition en passe d’être maintenus
Dans la foulée, une enveloppe budgétaire doit être attribuée aux 5 groupes politiques pour financer leurs collaborateurs. Un sujet sensible, tant ces moyens conditionnent leur capacité à travailler et à exister politiquement. Jusqu’ici, la répartition accordait 52 % de l’enveloppe à la majorité, contre 48 % à l’opposition, chaque groupe d’opposition disposant de 47 000 euros.
La semaine dernière, les discussions se sont tendues autour du maintien de ces montants, après une première proposition qui prévoyait de les baisser à 40 000 euros. Selon les derniers arbitrages, les groupes d’opposition de Jeanne Barseghian et Florian Kobryn, forts de cinq membres chacun, devraient finalement percevoir 47 500 euros. Celui de Jean-Philippe Vetter, qui compte dix membres, disposerait de 71 000 euros. Le groupe de Pierre Jakubowicz (Horizons / Modem), composé de quatre élus mais rattaché à la majorité, bénéficierait pour sa part d’une enveloppe de 34 000 euros.
Ces montants ne sont toutefois pas encore entérinés. Ils correspondent aux dernières propositions faites vendredi soir par Thierry Sother, le numéro 2 de la liste de Catherine Trautmann et discutées, là encore, lors de la réunion préparatoire de ce lundi matin, où des ultimes ajustements restent possibles.
Pas de hausse d’impôts
Autre point clé de ce conseil : la fixation des taux de fiscalité directe locale. Selon la délibération consultée, il n’y aura pas de hausse en 2026 des taux de taxes directes locales. Pas de hausse donc, de la taxe foncière sur les propriétés bâtis, propriétés non bâties, et sur la taxe d’habitation.
Ensuite, plusieurs délibérations concernent les entreprises publiques locales (SEM, SPL, SCIC), comme la CTS, Parcus, Habitation moderne, la SPL des Deux-Rives ou encore Locusem. Le conseil doit d’abord autoriser les représentant·es de la Ville à siéger au conseil d’administration de ces sociétés, et que l’un d’eux brigue ensuite la présidence… et à percevoir une rémunération associée. Un sujet là aussi sensible, car ces postes sont à la fois rémunérateurs et stratégiques. À la Ville comme à l’Eurométropole, ils sont souvent perçus comme des prolongements du pouvoir local dans des structures clés : logement, énergie, aménagement ou grands équipements.
Une cascade de désignations
Ainsi, une large part du conseil sera consacrée à toute un série de aux désignations : commissions internes, organismes extérieurs, établissements scolaires ou structures de la petite enfance. La municipalité répartit ses élus dans l’ensemble des instances où la Ville est représentée. Certaines désignations sont particulièrement stratégiques, comme celles liées au Port autonome de Strasbourg, à l’Office de tourisme ou à l’Opéra du Rhin. Ces nominations, qui permettent de structurer la majorité et de distribuer des responsabilités, déterminent aussi la place accordée aux oppositions. Les groupes d’opposition avaient d’ailleurs jusqu’à dimanche soir pour proposer des noms à la nouvelle équipe municipale.
Pour elles, l’enjeu est de taille. Selon les instances, elles peuvent espérer entre un et trois sièges, un levier loin d’être anodin pour peser dans certaines politiques municipales ou suivre des activités économiques et commerciales. Le week-end précédant le conseil, les différents groupes devaient d’ailleurs se retrouver pour tenter de s’accorder, notamment lorsqu’un seul siège leur est réservé. Entre le groupe de Florian Kobryn (LFI), celui de Jean-Philippe Vetter (LR) et celui issu de l’ancienne majorité de Jeanne Barseghian, les discussions ont été nécessaires pour éviter que la répartition des sièges ne vire à l’imbroglio dès le premier conseil municipal.
Les solidarités, qui pour reprendre le dossier ?
Enfin, la séance s’achèvera par l’élection des membres du conseil d’administration du Centre communal de l’action sociale (CCAS) et de la commission municipale d’aide sociale plénière. Deux instances centrales pour la politique sociale de la Ville, dans un contexte où les enjeux de précarité, de logement et d’accès aux services publics n’ont pas marqué de pause pendant la période de transition entre les deux équipes. Une question d’autant plus sensible que Laure Pain, adjointe à la Ville solidaire et inclusive, a annoncé sa démission mardi 14 avril. Or, légalement, le conseil d’administration du CCAS doit être constitué dans un délai de deux mois suivant les élections municipales. Une échéance qui suppose de connaître l’élu·e en charge du dossier — une désignation qui, à ce stade, ne figure pas encore à l’ordre du jour. Selon nos informations, ces attributions devraient être, dans un premier temps, réparties entre plusieurs adjoints afin d’assurer la continuité.
La séance est à suivre en direct-vidéo à partir de 15h.