La rue Grenette est depuis un an réservée au bus et aux vélos.
La Métropole de Lyon a pris tout le monde de court ce 1ᵉʳ juillet, en annonçant un large réaménagement de la Zone à trafic limité (ZTL) et le retour des voitures rue Grenette (Lyon 2e), annoncé pour septembre. La majorité de gauche à la ville de Lyon a vite réagi.
« La mairie en déco, le pouvoir à la Métro », scandaient des militants Cœur lyonnais au local de campagne de Jean-Michel Aulas au soir de sa défaite, le 22 mars dernier. On va finir par appeler ça « le paradoxe lyonnais » : celui d’une ville pilotée depuis l’extérieur.
Alors que l’exécutif écologiste et de gauche à la mairie de Lyon espérait une ouverture sur la thématique des mobilités en Presqu’île, la présidente de la Métropole Véronique Sarselli (LR) a douché les espoirs de conciliation. Pour fêter ses 100 jours à la tête de la supracollectivité aux pouvoirs élargis, Véronique Sarselli (LR) a annoncé un grand réaménagement de la Zone à trafic limité (ZTL), et la réouverture de la rue Grenette en septembre.
Si la droite avait fait campagne sur la suppression de ces aménagements décidés sous l’ancienne mandature écologiste, la rapidité avec laquelle la Métropole a agi interroge, alors que Véronique Sarselli avait promis des discussions sur ces sujets.
ZTL, rue Grenette : « un verrouillage démocratique »
Concrètement, le nouvel exécutif métropolitain a informé que la ZTL ne serait activée que le soir et la nuit, de 19 h à 5 h du matin, et les week-ends, du vendredi 15 h au lundi 5 h. La collectivité, compétente en matière de mobilités, a également annoncé le retour des voitures sur la transversale est-ouest de la rue Grenette. Selon la droite, ces nouveaux aménagements auraient eu un impact sur la vie économique de la Presqu’île, tout en ayant rapporté du « calme » dans le 2ᵉ arrondissement.
Face à ces décisions, la gauche dans son ensemble, des socialistes aux communistes, a demandé à Véronique Sarselli de revoir sa copie. « Un grand bond en arrière » pour le Groupe socialiste et Place publique.
« Les 100 premiers jours de la présidente à la tête de la Métropole de Lyon auront donc été marqués par des augmentations d’indemnités majeures, le verrouillage démocratique de notre institution, la gestion douteuse de l’affaire Abreu, la fin de l’encadrement des loyers contre l’avis des maires concernés, et donc, désormais, le grand bond en arrière en matière de mobilités », tempêtent Sandrine Runel et Cédric van Styvendael, élus (PS) métropolitains.
Les communistes ont, eux, fustigé « un passage en force, contre les élu.es de Lyon ». Grégory Doucet a quant à lui carrément proposé un « référendum » sur la question, idée aussitôt rejetée par Véronique Sarselli interrogée jeudi 2 juillet, sur BFM Lyon.
ZTL, rue Grenette : les riverains et commerçants divisés
Reste les premiers concernés : les riverains. Sur la rue Grenette, les écologistes défendent la consultation lancée par la Ville de Lyon, qui a recueilli 17 000 avis majoritairement favorables au maintien de la situation actuelle. Certes, la consultation comportait de nombreux écueils méthodologiques, comme le fait de pouvoir donner plusieurs fois son avis.
Deux associations réputées proches des écologistes, la Ville à vélo et les Droits du piéton, ont fustigé une décision passéiste, « à contre-courant des choix des autres grandes métropoles européennes ». Ils craignent un projet qui « nuit à l’attractivité de la Presqu’île ».
Véronique Sarselli, un cadeau aux Défenseurs de Lyon ?
De l’autre côté de l’échiquier politique, la puissante association des « Défenseurs de Lyon », qui milite depuis plusieurs mois contre « la fermeture de la Presqu’île », se félicite. Le groupe soutient que la mauvaise santé économique du 2ᵉ arrondissement est l’unique faute des écologistes et de leurs aménagements.
Porté par le médiatique Christophe Cédat, patron du 203, le collectif a largement accompagné la campagne de Véronique Sarselli et Jean-Michel Aulas, avant que n’éclate l’affaire Abreu, dans laquelle Laure Cédat a été impliquée.
Ces dernières semaines, plusieurs de ses membres avaient dénoncé auprès de Rue89Lyon « une trahison » de la part de la présidente de la métropole, trop lente à leur goût sur le sujet des mobilités, mais trop rapide lorsqu’il s’est agi d’éjecter Laure Cédat et Jean-Michel Aulas de leurs fonctions à la Métropole. Sur le premier point au moins, Véronique Sarselli s’est bien rattrapée.
