Pour cette première « marche festive » à Oullins-Pierre-Bénite, les paticipant.es ont affiché.es leurs revendications sur des pancartes ©Jean Rémond/Rue89Lyon
Ce lundi 13 avril, les résultats de la première étude sur la concentration de Pfas (polluants éternels) dans l’air ont été publiés. Une première à Lyon et en France. Atmo Auvergne-Rhône-Alpes, à l’origine de ces données, mesure que l’air ambiant de Pierre-Bénite est le plus pollué.
Nous mangeons, buvons mais aussi respirons des Pfas… Connus pour polluer les eaux et les sols, les polluants éternels ont également été mesurés dans l’air ambiant à Lyon.
Atmo Auvergne-Rhône-Alpes a mené une étude pour mesurer la concentration en Pfas en mètres cubes d’air respiré dans l’air ambiant. Une première à Lyon et en France, la pollution de l’air en Pfas étant beaucoup moins étudiée que celle de l’eau et des sols à l’échelle mondiale, dont les résultats ont été publiés ce lundi 13 avril.
L’agence avertit toutefois que « ces travaux restent exploratoires mais constituent une étape essentielle pour structurer la surveillance de Pfas dans l’air ».
Pfas dans l’air : « Un lien direct avec les activités locales »
Les prélèvements ont été réalisés entre octobre 2023 et décembre 2024 à deux endroits : Lyon centre et Pierre-Bénite. Côté méthodo, Atmo a utilisé des préleveurs qui aspirent une grande quantité d’air (15 mètres cubes par heure, un humain respirant environ 12 m³ par jour au repos).
Sans surprise, l’air pierre-bénitain est le plus exposé, notamment par la présence de sites industriels utilisant ce genre de polluants comme Arkema et Daikin.
En moyenne et sur la période de mesure, la concentration de Pfas dans l’air lyonnais est de 25 pg/m³. Un taux qui s’élève à 244 pg/m³ à Pierre-Bénite (sans Oullins), « avec des pointes observées jusqu’à 1 280 pg/m³ », note Atmo.

Atmo parle ainsi d’un « lien direct avec les activités locales ». L’agence note également que les récentes interdictions d’utilisation de certaines catégories de polluants éternels par les industriels « se traduisent déjà par une diminution mesurable des concentrations ». Fin 2024, un arrêté préfectoral a en effet contraint Arkema, recourant à du 6:2FTS, à cesser d’utiliser ce type de Pfas.
Alors qu’il n’existe pas encore de méthode de référence de prélèvement des Pfas dans l’air, les données d’Atmo à Lyon et Pierre-Bénite pourraient ouvrir la voie à de nouvelles et plus importantes mesures.
