Philippe Dessertine l’a affirmé, il ira « au bout ». (MB/Rue89 Bordeaux)
Porté par des intentions de vote qui ne cesse d’augmenter et fidèle à son engagement du début de campagne, Philippe Dessertine a de nouveau affirmé sa volonté d’aller jusqu’au bout de ces élections, excluant par la même occasion toute alliance avec Thomas Cazenave. Ce dernier assure pourtant qu’une union derrière lui est le seul moyen de ravir la mairie à Pierre Hurmic.
C’est un Philippe Dessertine mi-optimiste mi-agacé qui s’est présenté devant la presse ce mardi après-midi. Optimiste d’abord grâce à un sondage de l’institut Cluster 17 paru la veille chez Politico : le candidat sans étiquette serait crédité de 17% des voix, devant l’insoumis Nordine Raymond (11,5%) et juste derrière le macroniste Thomas Cazenave (26%) et l’écologiste Pierre Hurmic (31%).
« Nous sommes partis de zéro et nous voyons bien que nous sommes devenus maintenant un phénomène politique incontournable que personne en réalité n’arrive exactement à représenter, se réjouit d’abord l’économiste, dont c’est la première campagne politique. Plus que jamais, Bordeaux a besoin d’une alternance, et cette alternance elle est possible avec la liste que je représente. »
Le candidat émet tout de même des réserves, en raison notamment de la méthodologie employée dans ce sondage : sur les 829 personnes interrogées, seules 688 sont inscrites sur les listes électorales à Bordeaux. « Comment peut-on publier une étude pareille, en signalant que 15 à 20% [17% en l’occurrence, NDLR] de votre échantillon n’est pas inscrit sur la liste électorale bordelaise ? »
Triangulaire ou quadrangulaire ?
Surtout, Philippe Dessertine s’indigne des interprétations faites par son adversaire Thomas Cazenave, qui ont quelque peu terni sa joie. Ce dernier s’est en effet fendu d’un post sur les réseaux sociaux le représentant vainqueur dans l’hypothèse (pourtant non testée par le sondage Cluster 17) d’un retrait à son profit de Philippe Dessertine, et d’une triangulaire opposant l’ancien ministre des comptes publics au maire sortant et au candidat LFI.
« Lorsqu’il imagine qu’une partie de l’électorat qui votera pour nous pourra se transférer sur lui, il se trompe totalement. Car l’immense partie de notre électorat refuse autant la politique de Pierre Hurmic, son absence de vision et son absence de perspective, que la logique macroniste qu’il souhaite imposer, une logique macroniste dont on voit très bien qu’elle est d’une cohérence plus que limitée », cingle Philippe Dessertine
« J’irai au bout »
D’autant que la question ne se posera pas, ce dernier n’envisageant pas le moins du monde de se retirer. « J’irai au bout », clame-t-il a plusieurs reprises, rappelant les engagements forts pris dès son entrée en campagne. Et Philippe Dessertine n’y va pas avec le dos de la cuillère contre son adversaire macroniste, qu’il tient pour principal responsable de la défaite de la droite il y a six ans.
« Le macronisme a atteint un plafond de verre à Bordeaux, comme partout. Thomas Cazenave, l’ancien ministre des comptes publics du président Macron, ne pourra pas être maire de Bordeaux. Il a beau faire des additions, celles-ci ne correspondent absolument pas à la réalité politique de cette ville », continue l’économiste.
Aucune discussion à l’ordre du jour donc, c’est même une « fin de non recevoir absolue » du candidat libéral, dont le ton surprend :
« Nous en sommes à un point où on dit même à mes équipes de ne pas approcher [les militants de Thomas Cazenave, NDLR] sur les marchés, ils sont capables de leur raconter n’importe quoi », glisse-t-il.
La fin de campagne promet donc encore quelques remous.
