La Réole (hebdromadaire/flickr/CC)
Victime du vol d’une sacoche comprenant notamment son ordinateur et les copies de ses élèves, Bruno Marty, enseignant et maire de La Réole, dans le sud Gironde, explique être parvenu à récupérer son bien, relativise l’évènement, et dénonce la récupération politique par son opposant RN.
Mercredi 22 avril, en pleine interview accordée à la chaîne de télévision Noovo pour un sujet sur les inondations, le maire de La Réole, Bruno Marty, est victime d’un vol à la tire pour le moins audacieux. Alors qu’il répond aux questions des journalistes, un individu s’approche discrètement du petit groupe et profite de l’inattention générale pour s’emparer d’une sacoche posée à « une quarantaine de mètres ».
L’homme agit en quelques secondes avant de s’éloigner, sans être inquiété, sur une trottinette électrique. L’information est rapidement relayée par la presse locale. Et le dénouement intervient quelques heures plus tard : en début de soirée, la sacoche est rapportée à l’édile par un inconnu, qui affirme l’avoir trouvée à la gare. Un retour inattendu qui met fin à cet épisode insolite.
« Pas besoin de brigade criminelle »
Mais face à l’écho rencontré par l’affaire, Bruno Marty a souhaité apporter des précisions, et, dans un post sur Facebook, « compléter le tableau ». Selon lui, l’auteur du vol serait « un homme de passage à La Réole. Pas d’ici. Hébergé temporairement chez un habitant », davantage opportuniste que véritable délinquant.
« Et puis il a vu une sacoche. Posée là. Abandonnée, a-t-il dû penser. Une opportunité », écrit le maire socialiste.
L’élu insiste surtout sur ce qu’il considère comme l’enjeu principal de l’incident : « Dans cette sacoche : mon ordinateur. Mon téléphone. Et surtout… […] les copies de mes élèves. » Car Bruno Marty est également enseignant, et affirme avoir agi en priorité pour récupérer ces documents. Il dit alors avoir enquêté, « à l’ancienne ». « J’ai fait le tour de la ville. J’ai posé des questions. » Une démarche qui, selon lui, illustre le fonctionnement local :
« Pas besoin de brigade criminelle. Juste La Réole qui fonctionne comme elle a toujours fonctionné. »
« Agiter le spectre de l’insécurité… je souris »
Si la sacoche a été restituée, il manquait encore le téléphone. « Je me suis rendu chez la personne qui l’hébergeait. On a eu une conversation. Courte. Calme. Le téléphone est revenu. » Le maire affirme avoir ensuite laissé 24 heures à l’homme pour quitter la commune.
Au-delà du fait divers, Bruno Marty tient à désamorcer toute interprétation alarmiste.
« Quand j’entends certains vouloir s’emparer de cette histoire pour agiter le spectre de l’insécurité… je souris », écrit-il.
Le maire regrette effectivement la récupération de cet épisode par son opposant politique Rémy Berthonneau (Rassemblement national) et estime que le fait relève davantage d’une « mauvaise décision » individuelle que d’un problème structurel. Et de conclure :
« Ce fait divers ne raconte pas l’insécurité. […] La Réole, c’est 4 500 habitants qui se connaissent, qui se parlent, qui se serrent les coudes quand il le faut. »
Une manière, pour l’élu, de défendre l’image de sa commune. Si les chiffres du ministère de l’intérieur sur les crimes et délits classe La Réole parmi celles qui sont relativement touchées, le maire rappelle la vague de tags qu’a connue sa ville fin 2025, tous racistes et pro-RN, et dont l’auteur a été interpellé.
