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Face à la flambée des carburants liée aux tensions internationales, le président du Département de la Gironde appelle le gouvernement à soutenir en urgence les services d’aide à domicile, en première ligne de la crise sociale.
Dans un courrier adressé au Premier ministre Sébastien Lecornu, le président du Département de la Gironde Jean-Luc Gleyze alerte sur les conséquences économiques et sociales des tensions internationales, appelant à des mesures rapides et ciblées pour faire face à la hausse des prix des carburants.
« L’effet délétère des guerres sur la vie de nos concitoyens et l’économie nationale devient intenable et fait croître d’autant les “inquiétudes du lendemain” exprimées suite à la Seconde guerre mondiale », écrit en introduction Jean-Luc Gleyze.
En toile de fond, les répercussions des conflits en cours, notamment au Moyen-Orient et le blocage du détroit d’Ormuz, qui provoquent une flambée des coûts de l’énergie. Si les secteurs des transports, de l’agriculture ou de la pêche sont les premiers touchés, l’élu girondin insiste sur une catégorie souvent oubliée : les professionnels de l’aide à domicile.
« Un soutien ciblé »
Ces travailleurs, majoritairement des femmes, assurent chaque jour le maintien à domicile de personnes âgées ou en situation de handicap. Déjà fragilisés par des conditions d’emploi précaires – temps partiels subis, salaires proches du SMIC –, ils font face à l’explosion des coûts de déplacement, particulièrement en zones rurales. Or, souligne Jean-Luc Gleyze, « ces métiers n’ont pas été revalorisés depuis près de 4 ans ».
« Dans ce moment de crise, il en va de la pérennité de nos services d’aide à domicile qui connaissent des difficultés financières, et ne peuvent se permettre d’augmenter l’indemnité kilométrique », écrit l’élu socialiste. Il rappelle que les Départements peinent à absorber seuls le choc, alors même que les dépenses liées aux allocations de solidarité (RSA, APA, PCH) restent insuffisamment compensées par l’État.
Le président du Département plaide ainsi pour « un soutien ciblé », à l’image des mesures prises en 2022 après le début de la guerre en Ukraine, mais cette fois orienté vers les publics les plus exposés. Au nom du Groupe de Gauche des Départements de France, il propose « une compensation de l’inflation des carburants pour les professionnels de l’aide à domicile, ajustée à l’évolution des prix et maintenue durant toute la crise ».
Taxer les « surprofits »
Au-delà de l’urgence, Jean-Luc Gleyze appelle également à des mesures plus globales, comme un encadrement des prix à la pompe et une taxation des « surprofits » générés par la crise énergétique, estimés à plus de 11,6 millions d’euros par jour en France. Des ressources qui pourraient contribuer, selon lui, au financement de la protection sociale.
Enfin, l’élu invite le gouvernement à engager une réflexion de fond sur la dépendance de la France aux hydrocarbures importés, facteur de vulnérabilité face aux crises géopolitiques. Une transition jugée indispensable pour limiter, à l’avenir, les effets en cascade de ces tensions sur les services essentiels.
