Face au nématode du pin et autres ravageurs de culture, une nouvelle serre confinée vient d’être inaugurée par l’INRAE ce mercredi 9 septembre. (DR)
Alors que l’arrivée du nématode du pin dans le massif des Landes de Gascogne alerte en Nouvelle-Aquitaine, une nouvelle serre et des laboratoires visant à développer la recherche sur les maladies émergentes transmises aux végétaux, a été e inaugurée sur le site de l’INRAE à Villenave d’Ornon, mercredi 9 septembre.
L’INRAE (institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement) vient d’inaugurer ce mercredi 9 septembre à Villenave d’Ornon, en Gironde, une serre de 132 m² hautement sécurisée et plusieurs laboratoires.
Ce nouvel équipement, installé au sein de la plateforme EMERGREEN ((EMERging plant pathogens in GREENhouses and labs), est destiné la recherche scientifique sur la lutter contre les maladies émergente qui affectent les plantes, qu’elles soient transmises aux plantes par des insectes vecteurs (phytoplasme de la flavescence dorée qui affecte la vigne, nématode du pin…), ou disséminés par voie aérienne (mildiou de la vigne ou fusariums du blé par exemple).
Une serre à 2,8 millions d’euros
Selon l’Institut national de la recherche agronomique (INRAE), ce dispositif devrait permettre d’« anticiper les crises phytosanitaires » liées aux ravageurs de cultures et « à développer des méthodes de détection, de surveillance, à identifier des résistances variétales et à évaluer des stratégies de lutte biologique ou intégrée ». D’un coût de 2,8 millions d’euros, cette serre a notamment été financée pour près de moitié par la Région Nouvelle-Aquitaine, et à hauteur de 700000€ par l’Union européenne.
Mais éviter la propagation de ces parasites et les maladies affectant les plantes en réalisant des expérimentations dites « confinées » n’est pas une mince affaire. Pour y parvenir, les scientifiques doivent suivre à la lettre un strict protocole dans ces espaces confinés, en raison de la manipulation d’organismes pathogènes.
Petits insectes, grandes crises phytosanitaires
A Villenave d’Ornon, plusieurs chercheurs travaillent déjà sur le site sur le nématode du pin. Minuscule et translucide, mais pouvant détruire toute une forêt, ce ver originaire d’Amérique de Nord, inquiète particulièrement les autorités et la filière du pin maritime depuis son arrivée récente dans le sud ouest, probablement en provenance du Portugal et de l’Espagne. Introduit via un coléoptère dans le bois d’un conifère, il vient infester la sève et peut causer la mort de ce dernier.
En 2025, un premier cas avait d’abord été détecté à Seignosse dans les Landes, suite auquel 61 hectares de pins maritimes ont alors été abattus, puis un second, en mars 2026 à Angresse, à cinq kilomètres de là. Récemment, en juillet dernier, un autre cas a été signalé à Lescar dans le Béarn, où l’arbre hôte a été coupé en urgence.
Ces méthodes radicales découlent de la législation européenne qui impose l’éradication rapide de ces parasites mortels. Dans le cas des Landes, un arrêté préfectoral prévoyait une coupe rase dans un rayon de 500 mètres autour du foyer détecté ainsi qu’une zone tampon de 20 kilomètres autour de la zone infestée.
