Dans la rue Sainte-Catherine (Superbass/CC)
Tandis que l’écologiste mise sur l’extension de la tarification solidaire, le macroniste lui préfère redéfinir les priorités de la Mairie et stopper les « projets coûteux inutiles ». Pour autant, les deux candidats sont en accord sur un point : celui de ne pas augmenter les impôts.
Qu’en sera-t-il du porte-monnaie des Bordelais ? Alors que les élections municipales connaissent leur point d’orgue ce dimanche, les deux candidats encore en lice livrent leurs derniers arguments dans la bataille. C’est donc sur le terrain du pouvoir d’achat que Pierre Hurmic a souhaité aller lors d’une présentation de ses quelques mesures destinées à soulager les dépenses du quotidien.
L’élu, qui assume une politique basée sur des investissements publics importants afin de financer la transition écologique de la ville et le renforcement des services publics, propose ainsi d’étendre le dispositif de tarification solidaire « avec des tarifs adaptés aux revenus pour le stationnement, les piscines et les concessions funéraires ».
Une mutuelle municipale
En cas de réélection, la mairie pourrait demander à la Métropole une étude afin d’instaurer la gratuité des transports pour les moins de 10 ans ou encore étendre progressivement la gratuité des fournitures scolaires à tous les élèves des école primaires bordelaises (pour le moment mise en place pour toutes les classes de CP).
Le maire sortant propose également de « mobiliser la capacité d’action de la collectivité pour permettre aux habitants d’accéder à des prix plus avantageux ». Il cite ainsi des commandes groupées d’énergie, des mutuelles ou assurances négociées collectivement via la mise en place d’une mutuelle municipale, un dispositif qui permet de proposer des couvertures à moindre coût, notamment pour les personnes qui n’en ont plus.
Lors du conseil municipal du 4 novembre 2025, Pierre Hurmic promettait aussi qu’il n’y aurait pas d’augmentation des impôts locaux en 2026. Une affirmation qu’il renouvelle encore cette semaine, même s’il est difficile de l’imaginer se contredire à quelque jours d’un scrutin décisif.
« Stopper les projets coûteux inutiles »
De son côté, Thomas Cazenave l’écrit noir sur blanc dans son programme : « pas d’augmentation d’impôts pendant tout le mandat ». L’ancien ministre des comptes publics, vilipendé par Pierre Hurmic pour sa contribution à l’aggravation du déficit de l’Etat, avait beaucoup critiqué l’augmentation de la taxe foncière à Bordeaux ; il s’engage ainsi à ne pas la rehausser durant les six prochaines années.
Seulement, la promesse du gel ne garantit pas pour autant sa stabilisation : la taxe foncière peut toujours augmenter mécaniquement en cas de revalorisation des valeurs locatives cadastrales (les bases imposables des biens), fixées en fonction de l’inflation au niveau national.
C’est d’ailleurs ce qui avait provoqué la hausse des 4,5% en 2023, justifiée par la majorité écologiste comme le dernier levier fiscal à sa disposition pour faire face à l’inflation et à la hausse des coûts de l’énergie. En cas de nouvelles ponctions de l’Etat dans les dotations aux collectivités locales, la mairie pourrait n’avoir d’autres choix que de l’augmenter à nouveau, ou de réduire drastiquement les dépenses.
Sécurité d’abord
Le macroniste prévoit justement de « stopper les projets coûteux inutiles », citant la rénovation des allées de Tourny (13 millions d’euros) et le téléphérique (entre 53 et 75 millions, mais financé par la Métropole) pour réinvestir dans des services qu’il désigne comme « prioritaires » pour les Bordelais.
Lesquels ? Il s’agirait avant tout de la sécurité, le macroniste ayant confirmé lors du débat de l’entre-deux tours diffusé sur TV7 et Public Sénat mercredi 18 mars qu’il projetait de faire passer ce poste de dépenses de 16 à 20 millions d’euros (recrutement d’une centaine d’agents de police, armement de la police municipale…) grâce aux économies en question.
Inversement, le député Renaissance avait estimé que les promesses de Pierre Hurmic coûterait 1,2 milliard d’investissements supplémentaires. Faux, balaye-t-on du côté de l’équipe du maire sortant, affirmant que celles-ci ont été estimées à environ 100 millions d’euros par an sur la mandature, soit deux fois moins qu’avancé par Thomas Cazenave.
Ce dernier ne prévoit par ailleurs aucune autre mesure en termes de la redistribution tarifaire. Il n’évoque par exemple plus une remise en cause de la « tarification SUV » sur le stationnement des gros véhicules. Le candidat met plutôt l’amélioration des services en avant avec, à titre d’exemple, son tram nouvelle génération – en fait, des trams disposant de plus de rames, un projet déjà sur les rails de la Métropole.
Pour ce qui est du reste, la fibre sociale se faire ressentir ça et là au grès de quelques propositions, comme sur le logement, avec la mise en place de cours de sport gratuits pour tous dans les parcs et jardins de la ville les dimanches matin ou le développement de cantines solidaires et de lieux d’accueil dans chacun des quartiers.
