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Selon une étude parue chez Rimini Street, 90 % des clients VMware exploreraient l’idée de changer de crèmerie. L’étude n’y va pas par quatre chemins, pointant surtout les coûts de licence. Pourtant, la situation est plus nuancée et va dans le sens d’une migration partielle et progressive.
Le rachat de VMware par Broadcom en 2023 pour 61 milliards de dollars a engendré plusieurs ondes de choc. De nombreux produits ont été supprimés, les licences perpétuelles ont disparu et Broadcom a rassemblé ses produits en paquets de services disponibles uniquement sous forme d’abonnements. Ces choix ont fait grincer bien des dents, au point de mener des clients devant les tribunaux. Problème, l’offre VMware est aussi complète qu’intégrée et partir n’est pas simple.
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Rimini Street, prestataire de support tiers, a justement publié les résultats d’un sondage réalisé par Unisphere Research auprès de 269 clients VMware, entre décembre 2025 et février 2026. L’étude met en avant que 90 % des entreprises ayant répondu envisagent de quitter la galaxie VMware et de changer de crèmerie. Mais une lecture plus attentive révèle – comme souvent – un résultat plus nuancé.
Une situation très diversifiée
Le rapport brosse essentiellement le portrait d’une clientèle en rupture avec Broadcom. Si le chiffre de « 90 % » semble énorme, il masque une réalité plus variée, car les entreprises interrogées évoquent surtout un besoin de diversification, pas nécessairement d’un départ complet.
Dans le sondage, il a été demandé aux participants de choisir parmi les raisons qui les poussaient au départ, total ou partiel. 90 % ont ainsi répondu que les tarifs élevés de VMware étaient effectivement un problème, et 54 % estiment que la suppression des licences perpétuelles est un sérieux point de friction.
Parmi les autres facteurs de motivation au départ, 18 % évoquent le besoin d’un environnement totalement cloud, 18 % la réduction de l’écosystème partenaire (Broadcom est passé principalement à un modèle direct de licence), ou encore 5 % l’inadéquation face aux applications récentes ou en cours. Ce dernier chiffre illustre d’ailleurs que la technique de VMware n’est pas mise en cause.
La nuance apparait sur une autre question : envisagez-vous de migrer les installations VMware actuelles sous licences perpétuelles vers un abonnement VMware Cloud Foundation (VCF) au cours des 12 prochains mois ? 48 % affirment qu’ils ne feront pas, mais 41 % le feront en partie, tandis que les 11 % restants le feront entièrement. Si près de la moitié refusent une formule par abonnement, cela ne signifie pas que les installations actuelles seront mises de côté. Plus de la moitié des répondants envisagent également de placer au moins une partie de leur infrastructure dans VCF.
On peut lire aussi dans l’étude que 34 % des entreprises interrogées envisagent un changement complet d’hyperviseur (le composant central permettant la virtualisation) au cours des trois prochaines années, et 48 % une bascule partielle.
« La tendance montre une diversification croissante des stratégies de virtualisation d’entreprise avec une transition à plus long terme vers des environnements de virtualisation informatique sur mesure et multiplateformes. Alors que les organisations réévaluent leurs parcours de modernisation, elles adoptent de plus en plus des approches combinant infrastructure sur site, cloud privé, cloud public et hyperviseurs alternatifs afin de soutenir la flexibilité de la charge de travail, l’efficacité opérationnelle et un meilleur contrôle des coûts », indique l’étude.
Le pari de la diversification
Si l’étude a été commanditée par Rimini Street, c’est aussi parce qu’elle dépeint une situation profitable à cette entreprise. Commercialisant du support tiers, les résultats du sondage lui permettent de mettre en avant une situation mouvante dans laquelle ce type de support pourrait faire toute la différence. Un point que souligne d’ailleurs Ars Technica.
Mais l’étude a surtout le mérite de pointer des interrogations plus profondes que la seule question du fournisseur de solutions de virtualisation. Dans la catégorie « obstacles » aux projets d’évolution des infrastructures, 40 % des entreprises interrogées ont mis en avant la complexité opérationnelle, 38 % les défis liés à la gestion de fournisseurs multiples, 37 % les difficultés de sécurisation d’une surface d’attaque grandissante, ou encore 37 % les exigences en compétences d’équipe.
Comme souvent dans ce genre de cas, le rachat par Broadcom a illustré une dépendance excessive à un seul acteur. Si l’envie de changer de fournisseur semble motiver bon nombre d’entreprises aujourd’hui, la complexité de la migration est désormais le sujet brûlant. En outre, les obstacles cités sont nombreux et posent une question : payer pour une certaine forme de simplicité ou diversifier et faire face à une plus grande complexité ?
Même si le sondage va dans le sens de Rimini Street, ce n’est pas la première étude qui analyse la grogne des clients VMware. En septembre, Gartner a également évoqué la situation, mais avec des chiffres moins « flamboyants », puisque 55 % des entreprises lanceraient dans les trois ans à venir des « maquettes » de solutions de remplacement. Le cabinet d’analyse note cependant la forte progression de ce chiffre, qui était de 25 % plus tôt dans l’année, même si étudier un départ ne signifie pas partir.
Gartner soulignait aussi les problèmes rencontrés en cas de diversification, récoltant des retours d’entreprises. Les licences Nutanix étaient ainsi jugées complexes avec des tarifs parfois plus élevés que prévu, l’offre de Microsoft paraissait complexe avec le besoin de jongler avec plusieurs consoles d’administration disjointes, et Proxmox apparaissait comme un acteur de niche, faute de prise en charge des applications d’entreprise de premier rang et en raison d’effectifs réduits.
La scène de la virtualisation continue cependant d’évoluer, la grogne contre VMware aiguisant les convoitises et contribuant à faire émerger de nouvelles offres. L’entreprise française Vates vient ainsi de lever 30 millions d’euros auprès d’IRIS et de Bpifrance pour devenir « un leader mondial de la virtualisation ». « Vates entend prendre une place majeure dans cette nouvelle configuration grâce à une plateforme open source permettant aux organisations de conserver le contrôle de leurs infrastructures, de limiter leur dépendance technologique et de préserver leur liberté d’architecture », affirme l’entreprise dans un communiqué publié le 6 octobre.
Un calendrier à la fois rapide et lent
Les deux études, même si elles pointent des différences, vont dans le même sens : une diversification progressive.
La situation peut être cependant très différente selon les entreprises. Selon The Register, de nombreux clients ont renouvelé leurs abonnements de trois ans juste avant le rachat. En outre, si un exode rapide et massif n’est pas étayé, la question peut devenir pressante selon les cas, le support de vSphere 8.x s’achevant en octobre 2027. Cette date marquera alors la fin du support général pour l’ensemble des licences perpétuelles VMware.
Les raisons évoquées sur la complexité sont quoi qu’il en soit bien présentes. Aux Assises de la cybersécurité à Monaco, plusieurs entreprises nous en effet confirmé la difficulté à migrer. Il ne s’agit pas seulement d’une question de coût, mais aussi de cartographie des ressources.
