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Cette fois c’est fait : les spécifications pour le codec vidéo AV2 sont finalisées et disponibles officiellement. L’Alliance for Open Media (AOMedia) les a publiées le 28 mai, marquant le coup d’envoi du nouveau venu. Il faut s’attendre cependant à une utilisation réelle que dans plusieurs années.
En développement depuis des années, AV2 doit naturellement prendre la relève du codec AV1. Celui-ci s’est fait connaitre pour son efficacité à compresser les flux en très haute définition (4K) et sa licence open source, sans redevance. Sa visibilité est montée d’un cran quand l’équipe de VideoLAN (VLC) a publié Dav1d, son implémentation libre d’AV1. VideoLAN a d’ailleurs remis le couvert il y a un peu moins d’un mois, avec une première version de Dav2d. L’association recommandait cependant de ne pas l’utiliser en environnement de production, puisque la norme était encore susceptible d’évoluer.
Bien qu’AV2 soit finalisé et ses sources publiées sur GitHub tout récemment, ses avantages sont connus depuis longtemps. Comme toujours avec les nouveaux codecs vidéo, la promesse est celle de l’efficacité : soit une qualité identique pour un débit moindre (25 à 30 % ici en moyenne, voire davantage selon Jean-Baptiste Kempf, président de VideoLAN), soit une qualité supérieure à débit équivalent. De fait, les bénéfices attendus se concentrent sur la réduction de la bande passante nécessaire. À la clé, des avantages comme le soulagement des infrastructures de diffusion et l’augmentation ou le maintien de la qualité dans des conditions de réception moins bonnes.

Outre une meilleure efficacité dans la compression, on note des améliorations dans la qualité d’image, la prise en charge de plus grandes définitions, ainsi qu’un plus grand nombre de cas d’usage pris en compte, notamment la réalité virtuelle et la diffusion sur écrans partagés, par exemple la visioconférence via un travail sur la latence. Le HDR10+ est également de la partie.
« AV2 est la spécification de codage vidéo de nouvelle génération de l’Alliance for Open Media (AOMedia). S’appuyant sur les fondations d’AV1, AV2 est conçu pour offrir une efficacité de compression supérieure, permettant une livraison vidéo de haute qualité à des débits binaires nettement plus bas. Il est optimisé pour répondre aux exigences évolutives du streaming, de la diffusion et de la visioconférence en temps réel », résume l’Alliance sur son site.
De l’annonce à la pratique
L’utilisation pratique d’AV2 devra cependant attendre. Comme l’a rappelé Jean-Baptiste Kempf dans son billet du 31 mai, Dav2d n’est pas terminé. Il reste notamment un long travail d’optimisation car – sans surprise – AV2 réclame plus de ressources qu’AV1. « Le décodage AV2 est environ cinq fois plus complexe que celui d’AV1. En pratique, cela signifie que les logiciels fonctionnant sur le matériel actuel auront du mal à décoder AV2 en temps réel sans une optimisation soigneuse et spécifique à l’architecture », précise le président de VideoLAN.
Mais on parle là de décodage logiciel. Qu’en est-il du matériel ? Si l’on se réfère à AV1, il a fallu être patient. Les spécifications ont été publiées en 2018 et il a fallu attendre en moyenne deux ans pour un support par les GPU, et plusieurs supplémentaires selon les cas. Comme nous le rappelions début mai, Apple n’a réellement commencé qu’en 2023. Microsoft n’a inséré cette exploitation matérielle dans Edge qu’en 2024. L’arrivée de puces compatibles réclamera donc probablement encore du temps.
Un codage gourmand en puissance
Et quid du codage ? Car la lecture de contenus AV2 dépend aussi de la création de ces contenus. VideoCardz évoque des problèmes de performances et de rétention des détails. Mais comme dans le cas de la lecture, il faudra surtout attendre le support matériel, le codage réclamant bien plus de puissance que le décodage.
L’histoire se répétera ainsi probablement, avec une implémentation logicielle par VideoLAN devenant une référence (Dav2d) et plusieurs années d’attente pour des puces compatibles, notamment dans l’électronique grand public, comme les smartphones et tablettes. Les usages, particulièrement les plateformes de streaming, attendront quelques années. À titre d’exemple, Netflix indiquait fin 2025 que l’AV1 était utilisé sur environ 30 % de son catalogue.
Enfin, AV2 se retrouvera en concurrence avec le codec propriétaire VVC, comme AV1 l’a été avec HEVC.
