Illustration : Flock
Si les derniers mois avaient déjà vu plusieurs records de failles corrigées chez Microsoft, le Patch Tuesday de la rentrée les explose tous : avec 966 vulnérabilités colmatées, dont plus de 700 pour Windows, septembre 2026 restera probablement dans les annales.
966 : c’est le nombre de failles corrigées dans le bulletin mensuel accompagnant la salve de correctifs publiés le 8 septembre. Le chiffre varie légèrement selon les sources, en fonction de ce qui est comptabilisé. Les 966 failles correspondent aux CVE publiés effectivement ce 8 septembre, selon Bleeping Computer.
Même en tenant compte de ces différences de comptage, le Patch Tuesday de septembre est loin, très loin devant. Le précédent record était détenu par les correctifs de juillet, qui culminait déjà à 570 failles. Le mois d’août avait suivi avec 400 failles corrigées.
Des chiffres très élevés, conséquence directe de l’utilisation des LLM (grands modèles de langage). Microsoft a depuis largement expliqué comment ses équipes s’en servaient, avec plusieurs LLM évoluant au sein d’un harnais spécialisé. L’entreprise a également officialisé son projet Perception, coordonnant trois familles d’agents, responsables respectivement de la traque des failles, de l’évaluation du contexte et de la correction.
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Un bulletin hors normes
Parmi les 966 failles corrigées, 105 sont critiques, dont 81 permettant des exécutions arbitraires de code à distance, soit le pire des scénarios. Aucune des failles critiques n’est cependant exploitée à ce jour ni même publique. L’avertissement habituel tient toujours cependant : dès lors que les correctifs sont disponibles, les quelques détails les accompagnant peuvent orienter les pirates vers les failles correspondantes.
Bleeping Computer donne une ventilation approximative des failles par type :
- 438 vulnérabilités de type élévation de privilèges
- 19 vulnérabilités de type contournement des fonctionnalités de sécurité
- 258 vulnérabilités de type exécution de code à distance
- 173 vulnérabilités de type divulgation d’information
- 56 vulnérabilités de type déni de service
- 16 vulnérabilités de type usurpation (spoofing)
En revanche, deux failles sont exploitées (0-day). Elles ne sont pas critiques, mais sont tout de même importantes :
- CVE-2026-81963 : vulnérabilité d’élévation des privilèges dans la pile Windows Update, permet aux attaquants d’obtenir des privilèges SYSTEM
- CVE-2026-85880 : vulnérabilité dans l’Advanced Local Procedure Call (ALPC) de Windows, permet également d’obtenir des privilèges SYSTEM
La recommandation est donc logique : installer ces nouveaux correctifs aussi rapidement que possible.
Des nouveautés fonctionnelles importantes… peut-être
La mise à jour publiée hier soir, estampillée KB5124008, contient aussi de nouvelles fonctions pour Windows 11, dont la plupart ont été déjà commentées au cours des derniers mois.
C’est ainsi la mise à jour qui officialise le retour de la capacité à bouger la barre des tâches sur n’importe quel côté de l’écran. Le fonctionnement n’est pas celui de Windows 10, qui permettait de la changer de côté par glisser-déposer. Dans Windows 11, il faut se rendre dans les réglages (le plus simple est de passer par le clic droit sur la barre des tâches) et de choisir l’option voulue. Dans tous les cas, on peut toujours modifier l’alignement des icônes.

Toujours pour la barre des tâches, on peut maintenant l’afficher en mode réduit. Jusqu’ici, le système permettait de la réduire, mais le réglage n’influait que sur la taille des icônes, pas sur la barre elle-même. Le nouveau réglage s’occupe des deux.
On peut également redimensionner le menu Démarrer, via un nouveau réglage qui laisse le choix entre Grand, Petit et Automatique. Bien sûr, plus le menu sera grand, plus il pourra afficher d’éléments. Cette amélioration s’accompagne d’une autre : une personnalisation nettement plus poussée. On peut ainsi désactiver la zone « Recommandés », qui s’appelle d’ailleurs « Récents » maintenant, choisir de n’afficher qu’une grille d’icônes ou une liste, ou encore supprimer les catégories et les applications épinglées. Si l’on désactive tout, le menu Démarrer n’affiche alors plus qu’une liste statique et alphabétique des applications installées.
Cette mise à jour intronise en outre les améliorations de performances pour l’Explorateur, qui se charge plus vite et se montre plus réactif. Comme nous l’avions indiqué, cette hausse de performances se fait via de courtes hausses de la consommation CPU, pas par un préchargement de l’application en mémoire. Selon Microsoft, la différence de performances est d’autant plus visible sur les machines peu puissantes.
Enfin, on peut désactiver Bing et le Microsoft Store dans la recherche, pour n’avoir que des résultats locaux. La recherche y gagne largement en performances. En revanche, la tolérance aux fautes de frappe n’est pas encore de la partie.
Notez que vous ne verrez pas forcément ces nouveautés immédiatement après l’installation de la mise à jour. Microsoft a l’habitude de procéder par étapes, créant systématiquement un « bazar ». Les fonctions sont activées petit à petit chez les utilisateurs, mais on ne sait pas combien de temps prendra le processus complet.
