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Trois semaines après une cyberattaque d’envergure, La Poste revient sur le sujet. À défaut d’un post-mortem technique, l’entreprise distille quelques chiffres et affirme aussi qu’« aucune entreprise française n’a subi, à ce jour, une cyberattaque en déni de services d’une telle intensité ». Dans le monde, il y a déjà eu bien pire.
Le 22 décembre, La Poste était la cible d’une cyberattaque d’ampleur qui a rendu indisponibles ses services en ligne pendant plusieurs jours. Le 24 décembre, le groupe annonçait un retour partiel à la normale, puis les choses allaient de mieux en mieux après Noël. Le 1ᵉʳ janvier, rebelote avec de nouveau des services indisponibles à cause d’une cyberattaque DDoS.
Dans tous les cas, aucune fuite de données n’a eu lieu, affirme l’entreprise. Le but de ce genre d’attaques par déni de service n’est pas de pénétrer les systèmes pour récupérer des données, mais de les rendre indisponibles en les bombardant de requêtes pour complétement les submerger. Sur ce point, c’était gagné.
« Inédite par sa sophistication technique »
Trois semaines plus tard, Philippe Bertrand, directeur de la sécurité globale du groupe, revient sur cette période compliquée dans un jeu de questions et réponses réalisé en interne. Une manière de mener une « interview » mais de pouvoir choisir aussi bien les questions que les réponses et donc de parfaitement maitriser la communication.
Il affirme que cette cyberattaque est « inédite par sa sophistication technique », sans entrer dans les détails. Il assure qu’elle « s’est révélée d’une grande complexité car nos assaillants s’adaptaient en permanence aux réponses défensives que nous mettions en place ».
Cette cyberattaque serait aussi « inédite aussi par son intensité […] Pour vous donner une idée du volume massif de requêtes dirigés vers nos services en ligne, nous avons enregistré jusqu’à 2,5 milliards de paquets de données par seconde ».
Pour rappel, en octobre 2024, Cloudflare annonçait une attaque DDoS record avec 2,14 milliards de paquets par seconde, et un pic de trafic à 3,8 Tb/s. Ces « records » sont toujours éphémères et rapidement de nouvelles attaques encore plus puissantes sont lancées. Un an plus tard, en septembre 2025, le géant américain explosait les compteurs avec 22,2 Tb/s en pointe et jusqu’à 10,6 milliards de paquets par seconde.
Il n’en reste pas moins que 2,5 milliards de paquets par seconde est une attaque extrêmement massive. D’ailleurs, le groupe français affirme qu’« aucune autre entreprise en France n’a subi, à ce jour, une cyberattaque en DDoS d’une telle intensité ».
La puissance des pirates augmente de jour en jour
Il ajoute que cette cyberattaque est aussi « inédite par sa durée car elle a commencé le 22 décembre et a perduré jusqu’à début janvier ». Selon le patron de la cybersécurité, « il y a deux ans, une attaque de cette ampleur n’était techniquement pas envisageable. À mesure que la puissance informatique progresse, les acteurs malveillants deviennent aussi plus dangereux ».
En France, cela fait maintenant plus d’un an que les cyberattaques et fuites de données s’enchainent à vitesse grand V. De très nombreuses enseignes et associations sont touchées, mais aussi des institutions officielles.
Sur la question de l’augmentation de la puissance des attaquants, nous parlions récemment du cas des pirates qui se lancent dans la pêche au chalut quand une nouvelle faille est identifiée : ils scannent tout Internet. Ce n’était pas aussi facile et abordable il y a quelques années.
Quoi qu’il en soit, La Poste rappelle à juste titre que, peu importe « les moyens mis en place, aucune organisation ne peut empêcher les cyberattaques ». La Poste se félicite au passage de n’avoir « jamais été à l’arrêt » : ses sites industriels et bureaux de poste « ont continué leur activité ». Le groupe affirme avoir distribué pas moins de 180 millions de colis pendant les fêtes
Dans son interview maison, La Poste évite soigneusement plusieurs sujets, notamment la provenance de la cyberattaque et d’éventuelles demandes ou rançons qui auraient pu lui être adressées par les pirates. Le groupe se contente en effet de rappeler des généralités : « Nous ne sommes plus face à des hackers isolés à la recherche d’un coup d’éclat mais à des organisations criminelles de plus en plus structurées, parfois diligentées par des États, qui disposent de moyens colossaux ».
L’attaque a été revendiquée par le groupe NoName057(016), mais la prudence est toujours de mise face à ce genre de communication. Les pincettes sont toujours de rigueur dans ce genre de situation, mais encore plus cette fois-ci puisque le groupe pro-russe n’avait revendiqué l’attaque que le lendemain.
