Free Mobile passe la seconde sur la 4G dans les 900 MHz. L’opérateur obtient près de 6 000 autorisations supplémentaires en un mois et met en service près de 4 000 sites.
Au mois de juillet, l’Agence nationale des fréquences indiquait dans son rapport que Free Mobile accélérait dans le déploiement de la 4G sur les 900 MHz. Alors que l’opérateur n’avait aucune autorisation de déploiement au début de l’année, il est passé à moins d’une vingtaine en mars, un peu plus de 300 en avril et près d’un millier en juillet.
Au 1ᵉʳ août, l’opérateur pulvérise les compteurs avec 5 873 autorisations supplémentaires, pour arriver à un total de 6 796 sites autorisés dans les 900 MHz pour de la 4G. Attention, il ne s’agit que d’autorisation, pas de sites mis en service.
Free met en service ses premiers sites 4G dans les 900 MHz
L’observatoire qui vient d’être mis en ligne fait aussi le point sur les mises en services : ils sont au nombre de 3 873. C’est la première fois que des sites ont été mis en service, selon les rapports de l’ANFR. Free est d’ailleurs toujours le seul sur cette fréquence pour la 4G. Orange a bien quatre autorisations depuis un moment, mais aucune mise en service.
Le graphique ci-dessous montre bien l’explosion du nombre de sites 4G dans les 900 MHz :

Pourquoi les fréquences dans les 900 MHz sont-elles intéressantes ?
Pour rappel, cette fréquence de 900 MHz est intéressante, car elle porte loin et pénètre mieux dans les bâtiments. On parle parfois de fréquences en or pour celles sous le GHz. Contrairement à Free, les trois autres opérateurs utilisent les 900 MHz pour la 2G, avec environ 20 000 autorisations et presque autant de mises en service.
Free Mobile a bien activé des sites 2G dans les 900 MHz pendant quelques mois en 2022, mais il les a rapidement fermés. Comme nous l’avions expliqué, le calendrier avait de quoi surprendre. En décembre 2022, l’Arcep validait la prolongation de l’itinérance de la 2G et de la 3G de Free Mobile sur le réseau d’Orange, au 1ᵉʳ janvier 2023, plus aucun site 2G n’est en service par Free Mobile.
- En 2022, l’ANFR a autorisé les premiers sites 2G de Free Mobile
- En 2022, Free Mobile a mis en service ses premiers sites 2G
- Cinq mois après avoir mis en service sa 2G, Free Mobile coupe l’ensemble de ses sites
- Itinérance 2G/3G Free et Orange jusqu’en 2025 : l’Arcep dit oui, les doléances de Bouygues et SFR
Les quatre opérateurs déploient par contre de la 3G sur les 900 MHz. Comme la 2G et la 3G sont vouées à disparaitre des réseaux mobiles français à plus ou moins courte échéance – ce qui n’est pas sans faire grincer des dents –, la réutilisation de la bande des 900 MHz devrait être de plus en plus courante.
Pour rappel, les licences des opérateurs sont neutres technologiquement depuis bien longtemps, ils peuvent donc déployer la technologie qu’ils souhaitent sur leurs fréquences. De la 2G à la 5G, mais aussi de la 6G quand elle sera disponible ou tout autre technologie.
700, 800 et 900 MHz : les vases communicants version télécoms
La situation de Free sur les fréquences basses est différente de celle de ses concurrents : l’opérateur n’a remporté aucune enchère dans les 800 MHz et ne dispose donc pas de fréquence. L’idée de Free est donc visiblement d’utiliser une partie de la bande des 900 MHz pour de la 4G et ainsi libérer de la place dans les 700 MHz pour la 5G. Cette fréquence est pour rappel actuellement utilisée aussi bien pour la 4G que la 5G.
L’opérateur applique donc le principe des vases communicants, surtout avec la fin de la 3G en approche : les 900 MHz utilisés par la 3G passent progressivement vers de la 4G, permettant de libérer de la place dans les 700 MHz en 4G, qui libère à son tour de la place dans les 700 MHz pour la 5G.
Bilan de la 4G chez les quatre opérateurs
Dans le bilan de l’ANFR, il est précisé que, au 1er août, 70 685 sites 4G sont autorisés. 67 109 sont en métropole, dont 62 555 ont été mis en service. Voici le bilan des sites 4G en métropole, opérateur par opérateur :
- Bouygues Télécom (29 918 sites, + 140 en juillet 2025) ;
- Free Mobile (29 521 sites, + 177 sur la même période) ;
- Orange (31 913 sites, – 17 sur la même période) ;
- SFR (29 418 sites, + 237 sur la même période).
Le nombre négatif en face d’Orange n’est pas une erreur typographique, il s’agit vraiment d’une baisse selon l’observatoire. Ce dernier fonctionne sur des déclaratifs des opérateurs, il se peut donc que des erreurs aient été remontées et que des correctifs aient été appliqués. Bien évidemment, Orange et les autres peuvent aussi arrêter d’utiliser certains sites, expliquant aussi une baisse des autorisations et des mises en service.
Voici les deux tableaux de l’ANFR sur la 4G. Celui de gauche représente le bilan au 1er août, celui de droite les variations par rapport aux chiffres du mois dernier. Le bilan complet de l’observatoire se trouve par ici (pdf).


