L’entrée de l’école Schoepflin, en face du tribunal judiciaire de Strasbourg.
À l’école Schoepflin de Strasbourg, des élèves de maternelle ont témoigné avoir subi des violences sexuelles de la part d’une élève. Lundi 14 septembre, les familles concernées ont eu une réunion avec des fonctionnaires du rectorat, qui leur ont annoncé que la petite fille allait changer d’établissement et qu’une enquête interne était diligentée.
« On est soulagés », souffle une parent d’élève de l’école Schoepflin dans la soirée du lundi 14 septembre. Elle sort d’une réunion avec le directeur académique des services de l’Éducation nationale (Dasen). L’établissement du centre-ville de Strasbourg où sa fille est scolarisée en grande section de maternelle fait l’objet d’une triste attention médiatique depuis trois jours. Vendredi 11 septembre, Rue89 Strasbourg publiait une enquête révélant une défaillance dans la protection d’enfants de moyenne section de maternelle. Sept d’entre eux, dont sa fille, ont témoigné avoir subi des attouchements ou des pénétrations digitales de la part d’une camarade au cours de l’année scolaire 2025-2026, malgré des signalements dès octobre.
Lundi 14 septembre, plusieurs dizaines d’enfants n’ont pas été déposés en classe par leurs parents. Le but était de protester et d’alerter contre la gestion des événements par l’établissement scolaire. La direction est accusée de ne pas avoir mis en place de mesures efficaces et de ne pas avoir communiqué sur la situation. Pour la rentrée 2026, elle a simplement fait sauter une classe à la petite fille qui a commis ces actes, ce qui ne la séparait donc pas totalement des victimes, à l’opposé de ce que préconisent les psychiatres dans de tels cas.
Le petite fille finalement déplacée
La mère de la petite fille qui a réalisé ces gestes est une maitresse de l’école. Une situation qualifiée de conflit d’intérêts par les parents d’élèves, qui craignait qu’elle puisse orienter les décisions prises dans cette affaire.
C’est dans ce contexte qu’une réunion d’urgence s’est tenue entre les familles des victimes et le directeur académique des services de l’Éducation nationale lundi 14 septembre. Contacté par Rue89 Strasbourg, le rectorat confirme qu’une série de mesures concrètes allaient être mises en œuvre concernant l’école Schoepflin. D’abord, la petite fille et sa mère « ne fréquenteront plus l’établissement à compter du mardi 15 septembre ». Elles devraient être réaffectées dans deux écoles distinctes. « Un conseiller pédagogique et l’inspectrice académique seront régulièrement présents dans l’établissement pour soutenir l’équipe », au moins pendant la semaine.
Enquête interne diligentée
Le rectorat annonce également qu’une enquête administrative va être lancée « pour comprendre la situation et améliorer les pratiques » face à des faits similaires. Sa restitution est prévue en octobre d’après les familles. « Nous menons des réflexions avec les équipes autour de la surveillance et de l’encadrement des élèves, poursuit l’institution. Des mesures de vigilance ont été établies, notamment au niveau de la cour de récréation et des sanitaires. » Selon des participants à la réunion, le rectorat a également mentionné sa volonté de « créer un cadre pour libérer la parole » des enfants, y compris d’éventuelles autres victimes qui n’auraient pas encore parlé. Outre les trois séances obligatoires d’éducation à la vie affective et relationnelle, « des accompagnements psychologiques » sont proposés, avec « l’appui des services de santé scolaire et la psychologue de l’Éducation nationale ».
Pour rappel, le parquet de Strasbourg a été destinataire de plusieurs signalements à propos de la petite fille autrice des faits et a déclaré qu’une enquête sociale était en cours. « Nous espérons que tout sera fait pour aider cette enfant », tient à demander le père d’une victime.