L’entrée de L’ISSEP, l’école de Marion Maréchal dans le quartier Confluence à Lyon ©LB/Rue89Lyon
Après huit ans de présence à Lyon, l’Issep, l’école fondée par Marion Maréchal-Le Pen, va abandonner la capitale des Gaules pour déménager à Paris. Véritable vivier d’élus d’extrême droite locaux, principalement du Rassemblement national, l’institut avait connu des soucis financiers.
C’est une page qui se tourne à Lyon. L’Issep, un institut politique qui ambitionnait de devenir « le Science-Po de droite », va quitter la ville des Lumières. L’école, fondée et dirigée par Marion Maréchal-Le Pen, a expliqué ce déménagement par une volonté « de développer et de renforcer [ses] partenariats et d’élargir [ses] missions », dans un communiqué cité par Le Progrès.
Dans les faits, la santé financière de l’école interroge. En 2022, Le Monde révélait le « fiasco financier » de l’établissement, sur la base d’un audit alarmant. Un cabinet de conseil notait « qu’une partie de l’équipe ne se paie pas, 2 385 heures en 2021 relèvent du « bénévolat » ». L’école bénéficierait essentiellement de dons, notamment de la part d’entrepreneurs réactionnaires.
L’Issep à Lyon, un repère d’élus d’extrême droite
Depuis son installation à Lyon, l’Issep a été lié à de nombreux responsables locaux du Rassemblement national (RN). L’école a notamment été cofondée par Thibault Monnier, ancien cadre rhodanien du parti lepéniste passé chez Reconquête, le parti d’Éric Zemmour. Il a depuis été élu député en 2024… sous l’étiquette RN, dans la Drôme. La directrice de l’école, Victoria Pourcher, était élue municipale du 8e arrondissement de Lyon, sous l’étiquette Front national, jusqu’en 2017.
Parmi les élus RN qui ont gravité dans l’écosystème Issep figure également Antoine Melliès. Celui qui était alors conseiller régional (RN) de la région Auvergne-Rhône-Alpes, puis patron des lepénistes locaux, était en charge des relations presse de l’école, au moment de son ouverture. Il est aujourd’hui collaborateur parlementaire de Thibault Monnier, cité plus haut.
Autre figure de l’extrême droite locale qui a grenouillé près de l’école de « MMLP », Agnès Marion. Selon Mediacités, elle aurait apporté un support logistique à l’école, via son entreprise d’imprimerie. Agnès Marion est aujourd’hui élue municipale à Saint-Genis-Laval.
L’Issep à Lyon, un « hub » pour la fachosphère
Parmi les « parrains » de l’école, bien connus de l’extrême droite locale, on compte Patrick Louis, ex-conseiller régional et candidat (UDR-RN) aux élections législatives 2024 à Villefranche. Ce dernier est président du conseil scientifique de l’école. On retrouve également l’universitaire Bruno Gollnisch, longtemps enseignant à Lyon-III, proche parmi les proches de Jean-Marie Le Pen.
L’Issep a surtout été, huit années durant, un « hub » pour l’extrême droite intellectuelle. Depuis 2018, l’institut a multiplié la venue d’intervenants réactionnaires, des anti-immigration aux complotistes. Ce qui a fait de l’école une cible régulière pour des militants antifascistes, dénonçant la venue de ces intervenants.
À l’été 2024, une rencontre avec la militante transphobe Marguerite Stern avait provoqué des manifestations devant l’école. L’établissement était aussi un point de chute pour des groupuscules d’extrême droite. En mars dernier, le syndicat d’extrême droite La Cocarde y avait organisé une conférence avec Fabrice Leggeri.
Cet ancien responsable de Frontex, l’agence européenne chargée de la surveillance des frontières, a été élu député européen sur les listes du RN. Ce même mois de mars 2026, une enquête est ouverte contre lui pour complicité de crime contre l’humanité.
