Rassemblement du Planning familial de la Gironde devant l’ARS à Bordeaux, en 2024 (VB/Rue89 Bordeaux)
Après plusieurs semaines de mobilisation, la Fédération régionale des Centres d’information sur les droits des femmes et des familles, le Planning familial de la Gironde et le Centre Accueil Consultation Information Sexualité – Maison d’Ella ont obtenu le maintien de leurs financements par l’Agence régionale de santé Nouvelle-Aquitaine pour 2026. Les trois associations réclament désormais des conventions pluriannuelles pour sécuriser leurs missions au-delà de cette échéance.
Réunies le 10 juillet à la préfecture de Gironde, les principales associations girondines intervenant dans les domaines de la santé sexuelle, de la prévention et de l’accompagnement des victimes de violences ont obtenu la confirmation de leurs financements de l’Agence régionale de santé (ARS) pour 2026. Elles redoutaient un arrêt pur et simple de son soutien.
L’ARS maintient les financements accordés en 2025 : 195 000 euros pour la Fédération régionale des Centres d’information sur les droits des femmes et des familles (FRCIDFF Nouvelle-Aquitaine), 159 000 euros pour le Planning familial de la Gironde et 106 000 euros pour le Centre Accueil Consultation Information Sexualité (CACIS).
« Clarifier les responsabilités »
Dans son communiqué du 10 juillet, l’ARS a rappelé que ces structures assurent des missions qui relèvent « à la fois, de l’éducation à la vie affective et sexuelle, de la santé sexuelle et de l’accueil des femmes victimes de violences », et dépendent donc de plusieurs financeurs publics.
Aussi, au-delà de 2026, l’agence annonce l’organisation, à l’automne, d’une conférence des parties prenantes destinée à « clarifier les responsabilités et déterminer une trajectoire d’amélioration du maillage territorial ». Coanimée avec la délégation départementale aux droits des femmes et à l’égalité, cette concertation doit également offrir davantage de visibilité sur les financements susceptibles d’être attribués en 2027, avant d’être étendue à l’ensemble de la Nouvelle-Aquitaine.
En quête de visibilité
Dans un communiqué publié ce mercredi 15 juillet, les trois associations ont réagi au maintien des financements :
« Cette décision constitue un premier résultat, mais elle ne règle en rien la question essentielle de la pérennité de nos missions. »
Elles regrettent l’absence de garantie de soutien de l’ARS pour 2027 et au-delà, ce qui maintient selon elles « leurs salarié·es, leurs bénévoles et les milliers de personnes que nous accompagnons dans une insécurité inacceptable, alors que les besoins ne cessent d’augmenter ». Elle craignent que la réunion avec les cofinanceurs annoncée par l’ARS ne conduise qu’à une simple redistribution des charges, en justifiant un retrait progressif de l’ARS.
« Cette réunion n’aura de sens que si l’ARS s’engage sur un financement pluriannuel de nos associations pour les missions relevant de sa compétence en matière de santé. »
Une mobilisation qui va se poursuivre
La mobilisation ne s’arrêtera donc pas avec cette première annonce, préviennent les associations. Elles prévoient de saisir, dès la fin du mois d’août, les ministres chargées de la Santé et de l’Égalité entre les femmes et les hommes afin d’obtenir leur soutien. Elles annoncent également de nouvelles actions en septembre, notamment autour du vote de la loi intégrale contre les violences.
Selon les trois associations, « demander des financements ne revient pas à demander de nouvelles dépenses : c’est investir pour éviter des coûts humains, sociaux et économiques considérables ». La Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise) évalue ainsi à 9,7 milliards d’euros les conséquences des violences subies durant l’enfance. Selon un rapport sénatorial publié en juillet 2025, le coût des violences faites aux femmes entre 2,5 et 70 milliards d’euros selon les hypothèses retenues.
