Maisons sinistrées au Porge (WS/Rue89 Bordeaux)
Deux mois après le mégafeu qui a ravagé leur commune, 36 victimes, dont 29 habitants du Porge, ont déposé plainte auprès du parquet de Bordeaux. Elles dénoncent notamment de possibles manquements dans la gestion de l’incendie et de l’évacuation. La justice doit désormais examiner ces accusations.
Ils avaient promis de chercher des réponses. Trente-six victimes de l’incendie qui a ravagé Le Porge ont déposé plainte mardi 22 septembre au soir auprès du parquet de Bordeaux. Parmi elles, 29 habitants de cette commune de 3400 habitants, où 184 habitations ont été détruites selon le dernier décompte de la municipalité. Toutes déclarent avoir subi un préjudice psychologique. La moitié font également état de dommages matériels.
Dans un message adressé à la presse, le procureur de la République de Bordeaux, Renaud Gaudeul, confirme le dépôt de plainte et précise que celle-ci est « en cours d’analyse » par son parquet.
Les plaignants dénoncent notamment des faits susceptibles de relever de la « destruction involontaire du bien d’autrui par incendie dû au manquement à une obligation de sécurité ou de prudence », de la « mise en danger de la vie d’autrui », de la « non-assistance à personne en danger » et de l’ « abstention volontaire de prendre les mesures destinées à combattre un sinistre dangereux pour les personnes ».
Pourquoi pas de FR-Alert
La procédure intervient après un incendie hors norme, parti de Saumos le 22 juillet et qui a rapidement gagné Le Porge. Dans la nuit du jeudi 23 au vendredi 24 juillet, les flammes ont encerclé la commune.
Les plaignants versent notamment au dossier une attestation signée le 7 août par la préfète de la Gironde, Sophie Brocas. Celle-ci indique avoir donné l’ordre d’évacuer les habitants du Porge « le 22 juillet 2026 à 17 h 15 ».
Or, les habitants dénoncent l’absence d’alerte générale dans les heures suivantes, alors que les flammes progressaient vers les zones habitées. Aucun message FR-Alert n’a été envoyé et la sirène des sapeurs-pompiers n’a pas été déclenchée dans la commune. Plusieurs habitants auraient ainsi été alertés par leurs voisins ou leurs proches et auraient dû organiser eux-mêmes leur départ.
Les plaignants mettent également en cause la disponibilité des moyens de secours, affirmant qu’une partie des sapeurs-pompiers aurait été redirigée vers Lège-Cap-Ferret. Le Sdis assure de son côté qu’aucun arbitrage n’a privilégié une commune et que les deux secteurs disposaient d’effectifs à peu près équivalents.
Fin août, la préfète de la Gironde avait assuré, lors d’un retour d’expérience sur la lutte contre le mégafeu, que les pouvoirs publics n’avaient pas délaissé Le Porge. Sophie Brocas avait néanmoins admis que c’était « peut être une bêtise » de ne pas avoir lancé de FR-Alert dans la commune.
