Published on 27 août 2025

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En grève de la faim pour mettre vraiment fin au jumelage de Bordeaux avec Ashdod

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Depuis mercredi 13 août, deux militantes bordelaises sont en grève de la faim pour exiger la rupture du jumelage entre Bordeaux et la ville israélienne d’Ashdod.

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Depuis mercredi 13 août, deux militantes bordelaises sont en grève de la faim pour exiger la rupture du jumelage entre Bordeaux et la ville israélienne d’Ashdod.

« Pour le moment, ça va, même si, avec ce qui se passe aujourd’hui, le moral n’est pas haut », souffle Oya, après plusieurs jours de jeûne, en évoquant l’offensive sur Gaza City. À Bordeaux, deux militantes ont rejoint le mouvement Hungry For Justice In Palestine, né début 2025 entre la France et la Belgique pour dénoncer le génocide à Gaza. Considérant la suspension du jumelage entre Bordeaux et Ashdod, annoncée le 26 juin par le maire, « vide de sens », elles réclament son annulation pure et simple.

Pierre Hurmic a en effet écrit à son homologue israélien Yechiel Lasry pour suspendre « toute activité de coopération » entre les deux villes, dans l’attente d’un cessez-le-feu – et non y mettre « fin », comme l’affirmait Edwige Diaz, porte-parole du Rassemblement National (RN) et députée de la onzième circonscription de Gironde, sur CNews le 21 août dernier.

Les activistes balaient aussi les critiques venues de la droite locale, accusant la décision d’attiser les tensions et de nourrir un climat hostile envers les Juifs en France. « Ces discours essentialisent les personnes juives, qui ne soutiennent évidemment pas toutes ce jumelage », souligne PK (pseudonyme), évoquant la position de l’Union juive française pour la paix (UJFP).

« Position équilibrée »

Oya explique avoir adressé un courrier à la mairie pour exposer sa prise de position, et presser l’édile écologiste de revoir sa décision à l’aune de l’aggravation du génocide en cours, sans réponse à ce stade. Contactée par Rue89 Bordeaux, la mairie n’a pas répondu dans les temps impartis, précisant simplement que le courrier était « introuvable ».

L’activiste de 26 ans regrette que Pierre Hurmic n’ait pas non plus mentionné leur action lors d’un passage sur Sud Radio, le 20 aout dernier.

« Nous sommes historiquement jumelés avec Ashdod, mais aussi avec Ramallah en Cisjordanie. C’était la volonté de mon prédécesseur d’avoir une position équilibrée, a alors rappelé le maire de Bordeaux. Face aux souffrances des populations civiles palestiniennes, aux enfants privés d’aide humanitaire et à la famine, il est du devoir de tous les responsables politiques d’agir. En tant que maire, mon outil, c’est le jumelage : on m’a demandé de rompre totalement l’accord, ce que je n’ai pas fait, en le suspendant et en le conditionnant à un cessez-le-feu ».

« Cette suspension est caduque », estime Oya :

« Il n’y a pas de projet de cessez-le-feu, mais un projet d’annihilation totale de Gaza. Que se passera-t-il quand il n’y aura plus de Palestine ? Que fera-t-on ? Ce n’est plus possible. Et reprendre une coopération avec une ville coloniale, ce n’est pas légal. »

Sur les ruines d’Isdud

Ashdod a été construite sur les ruines du village palestinien d’Isdud, détruit en 1948. « C’est une ville où les personnes kidnappées en eaux internationales sont emmenées dans les prisons », souligne Oya, en référence aux navires de la Freedom Flotilla arraisonnés par Tsahal, les 9 juin et 27 juillet derniers. La cité bordelaise est jumelée avec la ville portuaire israélienne depuis 1984.

« On se mobilise contre cette coopération, mais cela pourrait être contre tout accord avec un État colonial jugé problématique », poursuit PK.

Pour les activistes, la responsabilité de la municipalité bordelaise est d’autant plus grande « au regard du passif colonial et esclavagiste de la ville », et la majorité ne peut pas se contenter de « simples » actions mémorielles.

Grève illimitée

Pour PK, le maintien du jumelage avec la ville israélienne est « totalement incohérent » avec la demande, portée par la majorité municipale, d’une reconnaissance officielle de l’État palestinien par le gouvernement français.

Une trentaine de personnes se mobilisent actuellement dans le cadre de Hungry For Justice In Palestine. Des médecins volontaires assurent le suivi médical, un protocole d’alerte intervient en cas d’urgence, et l’équipe organise horizontalement le relais médiatique et les événements de soutien. « Nous ne cherchons pas tant à servir de modèle qu’à lancer un appel », insiste PK, pour qui toutes les formes d’implication sont les bienvenues, y compris des jeûnes pouvant se dérouler de façon intermittente.

Des actions de soutien fleurissent comme un atelier participatif au parc Peixotto le 22 août dernier, afin de confectionner des « œuvres textiles » en appui à la mobilisation.

Written by 9303

Published on 27 août 2025

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