Published on 01 août 2026

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4 min

« Des canadairs, pas de datacenter » : Extinction Rebellion Bordeaux interpelle l’État sur la gestion du risque incendie

#Pouvoirs

Extinction Rebellion Bordeaux a mené une action d’affichage ce samedi 1er août à propos du méga-feu qui a ravagé 42 000 hectares de forêt en Gironde. Les militants ont accroché des banderoles sur plusieurs ouvrages de la métropole bordelaise ainsi que sur la route de Lacanau pour dénoncer la gestion du risque incendie et les choix politiques face au changement climatique.

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(Extinction Rebellion)

Extinction Rebellion Bordeaux a mené une action d’affichage ce samedi 1er août à propos du méga-feu qui a ravagé 42 000 hectares de forêt en Gironde. Les militants ont accroché des banderoles sur plusieurs ouvrages de la métropole bordelaise ainsi que sur la route de Lacanau pour dénoncer la gestion du risque incendie et les choix politiques face au changement climatique.

Les messages étaient visibles sur quatre ponts de la rocade de Bordeaux, dans les deux sens de circulation, ainsi que sur la route de Lacanau. Parmi les slogans affichés : « Des canadairs, pas de datacenter » sur un pont à Pessac, près de la sortie 13, « 1 km de LGV = 2 canadairs » à Villenave-d’Ornon, « Qui aurait pu prédire… ? » – référence à une phrase d’Emmanuel Macron prononcée lors de ses vœux aux Français pour 2023 au sujet des événements climatiques en 2022 – sur la passerelle de Lormont, ou encore « Ces incendies vous sont offerts par Total » sur la passerelle du Bois Gramond à Eysines. Une autre banderole affichait « Feux = écologie punitive » sur la route de Lacanau.

Dans un communiqué, le collectif revient sur l’incendie parti de Saumos le 22 juillet, dont l’origine est actuellement attribuée par le parquet à une piste accidentelle liée à une intervention humaine. Selon Extinction Rebellion, ce feu « inédit » a montré les conséquences du dérèglement climatique, en rappelant qu’il a entraîné la destruction de 42 000 hectares de forêt et de 240 habitations, l’évacuation de dizaines de milliers de personnes, des perturbations majeures sur les routes et le rail ainsi que la mobilisation de milliers de pompiers.

« Imprévisible »

Le collectif conteste notamment la formule employée par la préfète de Gironde Sophie Brocas, qui avait qualifié le phénomène d’ « imprévisible ». Pour Extinction Rebellion, les risques liés à l’évolution du climat étaient identifiés depuis plusieurs années.

Le mouvement cite notamment des travaux de l’INRAE sur l’évolution du risque incendie, qui prévoient une extension des zones exposées aux feux de forêt, une intensification des grands incendies et un allongement de la période favorable aux départs de feu dans le Sud-Ouest.

Le collectif rappelle également les analyses du GIEC et des institutions publiques sur l’évolution des événements climatiques extrêmes, ainsi que les travaux de Météo-France soulignant le rôle des températures élevées, de la sécheresse, du vent et de l’état de la végétation dans la propagation des incendies.

« Toutes les conditions pour une catastrophe étaient réunies », estime Extinction Rebellion, qui affirme : « Si nous savions que cela arriverait, alors le gouvernement savait. »

Les militants dénoncent les choix politiques de l’Etat Photo : Extinction Rebellion

Des critiques contre les choix budgétaires de l’État

Dans son communiqué, le collectif cible également les choix budgétaires de l’État. Il revient notamment sur les annonces faites après les grands incendies de Gironde en 2022, lorsque Emmanuel Macron avait promis un renforcement de la flotte française de Canadair.

Extinction Rebellion dénonce ensuite la baisse de 53 millions d’euros du budget de la Sécurité civile décidée en 2024, estimant que cette réduction « a empêché l’achat de deux Canadair ». Le collectif oppose plus largement ces choix à des investissements jugés prioritaires dans de grands projets d’aménagement ou industriels, au détriment des moyens consacrés à l’adaptation au changement climatique.

Des slogans visent ainsi symboliquement des projets comme les centres de données ou la future ligne à grande vitesse Bordeaux-Toulouse-Dax, dont le financement fait depuis plusieurs années l’objet de débats politiques et environnementaux.

« Ecologie punitive »

Extinction Rebellion dénonce également l’expression « écologie punitive », souvent utilisée dans le débat public, estimant que les conséquences actuelles du dérèglement climatique constituent déjà une forme de contrainte imposée aux populations.

Le collectif accuse en particulier l’exploitation massive des énergies fossiles d’être « la première responsable » de l’aggravation des phénomènes climatiques et détourne le slogan affiché sur la passerelle d’Eysines : « Ces incendies nous sont offerts par Total Énergies », écrit-il, en visant le rôle des entreprises fossiles dans le changement climatique.

Extinction Rebellion Bordeaux demande enfin « l’arrêt immédiat » des investissements dans les énergies fossiles et certains grands projets jugés inutiles, ainsi qu’une accélération des politiques d’adaptation : rénovation thermique des bâtiments, végétalisation des villes, protection des zones humides, limitation de l’artificialisation des sols et évolution de la gestion forestière.

Written by La Rédaction•

Published on 01 août 2026

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