Published on 10 mars 2026

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4 min

À gauche, le goût perdu de la victoire

#News

À quelques jours des municipales, la division à gauche semble devenue une stratégie en soi. Les stratégies d’hégémonie des uns nourrissent les réflexes d’exclusion des autres. Dans un contexte où l’extrême droite progresse, régler ses comptes relève d’un étrange sens des priorités.

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Rassemblement place de la République, à Paris, le 11 juin 2024, le soir de l’annonce d’une union de la gauche pour les législatives de juin et juillet.

À quelques jours des municipales, le spectacle qu’offre la gauche a quelque chose de désolant. Non pas seulement parce qu’elle est divisée – elle l’a souvent été – mais parce que cette division semble devenue une stratégie en soi. Dans une large majorité de villes, les forces de gauche et écologistes n’ont pas réussi à se rassembler. Les uns, du côté des insoumis, semblent parfois considérer l’affaiblissement des socialistes comme un objectif politique. Les autres, du côté socialiste, privilégient des accords avec communistes et écologistes pour mieux tenir à distance les insoumis. Chacun trace ses lignes rouges, cultive ses blessures et défend sa cohérence.

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Et, pendant ce temps-là, l’électeur de gauche regarde le puzzle sans parvenir à en reconstituer l’image. Le paradoxe est frappant : dans nombre de communes, la gauche pourrait gagner. Elle pourrait gagner si elle acceptait de regarder la réalité en face : la dispersion des candidatures transforme parfois des victoires possibles en défaites programmées. Nous allons ainsi assister à des situations presque ubuesques où des villes gagnables ne le seront pas, simplement parce que des forces qui gouvernaient ensemble hier refusent aujourd’hui de se parler.

Dans certaines villes, des responsables socialistes expliquent préférer perdre plutôt que de s’associer aux insoumis.

Il y a à peine trois ans, socialistes et insoumis faisaient campagne côte à côte avec un programme commun. Aujourd’hui, dans certaines villes, des responsables socialistes expliquent préférer perdre plutôt que de s’associer aux insoumis. La formule, censée incarner une vertu politique, dit surtout l’état d’un camp qui semble parfois avoir perdu le goût de la victoire. Pendant ce temps, la droite et l’extrême droite n’ont pas ces pudeurs.

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À Paris, pour ne prendre que cet exemple, personne ne doute que la droite municipale saura tendre la main quand il le faudra. Il n’est pas absurde d’imaginer Rachida Dati discuter sans trembler avec l’extrême droite de Sarah Knafo si les circonstances électorales l’exigent. Là où la gauche se déchire sur des questions d’orthodoxie, ses adversaires savent faire preuve d’un pragmatisme redoutable.

Hégémonie et exclusion

Tout le monde a une part de responsabilité dans cette impasse. Les stratégies d’hégémonie des uns nourrissent les réflexes d’exclusion des autres. Les procès en illégitimité répondent aux procès en trahison. Et cette mécanique finit par produire ce que l’on voit aujourd’hui : une gauche qui débat beaucoup de ses frontières internes et trop peu de la société qu’elle prétend transformer. Peut-être est-il temps de se rappeler une chose simple : en démocratie, les élections servent aussi à gagner.

Il existe une boussole simple pour la gauche : empêcher l’extrême droite d’arriver au pouvoir.

Avant de conclure, un mot pour certain·es lecteur·rices qui s’émeuvent parfois de lire ici un éditorial qui ne correspond pas exactement à leurs convictions. Rappelons une évidence : un éditorial engage celui qui l’écrit, pas l’ensemble d’une rédaction. Un journal n’est pas une chapelle où l’on répète une ligne unique ; c’est un espace où des points de vue peuvent s’exprimer, parfois divergents. Les lecteur·rices  qui souhaitent répondre peuvent le faire : la page Agora est précisément faite pour cela. Le pluralisme n’est pas un slogan décoratif ; il suppose d’accepter la contradiction. On ne peut pas célébrer l’indépendance éditoriale un jour et appeler au boycott le lendemain parce qu’une opinion déplaît. Le pluralisme n’est pas à géométrie variable.

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Mais revenons à l’essentiel. À force de s’écharper, la gauche oublie peut-être l’urgence politique du moment. À un an de l’élection présidentielle, dans un contexte où l’extrême droite progresse, continuer à régler ses comptes comme si l’adversaire principal était à l’intérieur du camp progressiste relève d’un étrange sens des priorités. Se parler, débattre, confronter des désaccords : tout cela est normal. Mais ces débats doivent rester ceux d’une même famille politique qui partage un horizon commun. Car il existe une boussole simple pour la gauche : empêcher l’extrême droite d’arriver au pouvoir. Et à l’approche des municipales comme de la présidentielle, il serait peut-être temps de s’en souvenir.

Written by Pierre Jacquemain•

Published on 10 mars 2026

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#News

Municipales 2026 à Lille : Le “Baly 2026” peut‐il faire mieux que le “Baly 2020” ?

Published on 13/02/2026 à 06:20

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29 min

En 2020, le match entre écolos et socialistes s’était joué à quelques dizaines de voix restées au bénéfice de Martine Aubry. Six ans plus tard, son adversaire vert se prépare à un nouveau duel, cette fois face à Arnaud Deslandes. Liste largement renouvelée, stratégie électorale revue, mais des contextes nationaux et locaux plus défavorables. Pourra-t-il cette fois l’emporter ?

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Par Virgil Bauchaud

Les lycéen·nes français·es ne sont pas les seul·es à se mobiliser. Politis nous emmène au Chili, où les jeunes manifestent contre la politique de leur président d’extrême droite, José Antonio Kast. Des programmes socio-éducatifs et 1.800 postes d’enseignant·es sont menacés par le budget 2027. Et là aussi, les lycéen·nes chilien·nes font face à une violente répression policière.

 

Ça pourrait être le début d’une série politique. A Tourcoing, un élu de la majorité a reconnu s’être servi de la vidéosurveillance de la ville pour observer les faits et gestes d’opposant·es insoumis·es mobilisé·es sur les blocus de lycées, raconte Médiacités.

#Extrême droite #International

Au Chili, malgré la répression, les étudiants défient le président d’extrême droite

Published on 08/10/2026 à 11:24

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8 min

« Président Kast, réfléchissez-y à deux fois avant de vous attaquer au mouvement étudiant », a assené en conférence de presse Darlyn Marilef, porte-parole de l’Asamblea Coordinadora de Estudiantes Secundarios (Assemblée de coordination des lycéens), jeudi 1er octobre, après une importante mobilisation des jeunes dans plusieurs villes du Chili. « Nous savons comment nous organiser et nous mobiliser, et […]

#Racisme

Chez Plus que pro, des milliers de CV triés sur des critères sexistes et xénophobes

Published on 09/10/2026 à 06:00

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9 min

Depuis plusieurs plateformes d’emploi, l’entreprise alsacienne Plus que pro a trié des milliers de CV sur des critères de genre et d’origine supposée des personnes, à leur insu. Selon des documents de travail et des témoignages que Rue89 Strasbourg a pu recueillir, ce dispositif dénommé Vortex a été utilisé dans le cadre des démarchages de l’entreprise.