Published on 17 septembre 2025

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De Londres à Paris : la contagion xénophobe

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Le 14 septembre s’est tenue à Londres une manifestation anti-immigration rassemblant plus de 110 000 personnes à l’appel du militant identitaire multicondamné Tommy Robinson. Peut-être faut-il rappeler que cette star de l’extrême droite a influencé l’auteur de l’attentat terroriste de la mosquée de Finsbury Park en 2017, Darren Osborne, qui a fait un mort et douze blessés, alors […]

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Le 14 septembre s’est tenue à Londres une manifestation anti-immigration rassemblant plus de 110 000 personnes à l’appel du militant identitaire multicondamné Tommy Robinson. Peut-être faut-il rappeler que cette star de l’extrême droite a influencé l’auteur de l’attentat terroriste de la mosquée de Finsbury Park en 2017, Darren Osborne, qui a fait un mort et douze blessés, alors même que le camp nationaliste accuse la gauche d’être responsable de la mort de Charlie Kirk et de vouloir assassiner les « lanceurs d’alerte » islamophobes.

Cette manifestation intervient dans un contexte plus large de haine envers les exilés au Royaume-Uni.

Le média fasciste Frontières a qualifié ce rassemblement de « manifestation patriote », et l’un de ses journalistes phare, Jordan Florentin, ose même romantiser les appels à la haine sur critères raciaux : « Qu’elles étaient belles les rues de Londres ce samedi, une marée humaine anglophone et plus largement occidentale, comme le début d’une nouvelle ère pour les peuples blancs, trop souvent victimes de racisme et d’un grand remplacement démographique. »

Cette manifestation intervient dans un contexte plus large de haine envers les exilés au Royaume-Uni où le mois d’août a été ponctué de plusieurs rassemblements anti-immigration devant des hôtels utilisés pour héberger les demandeurs d’asile mais également en Australie et au Japon. Nommées « opérations drapeaux », ces manifestations visent à rétablir le patriotisme et à lutter contre les politiques migratoires : autant dire qu’il s’agit d’un camouflage suprémaciste de revendications xénophobes sous couvert de fierté européenne.

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La France n’est quant à elle pas en reste puisque les membres de Reconquête !, Éric Zemmour et Jean Messiha, y étaient invités. Sur X, le président du parti appelle clairement à reproduire ce schéma en France (« Je suis à Londres. Des centaines de milliers de patriotes se réunissent pour dire qu’ils veulent rester ce qu’ils sont. L’Europe se réveille. Demain, la France ! ») quand son second renoue avec les traditions factieuses et antirépublicaines du fascisme : « Le peuple britannique a compris qu’on ne combat pas une conquête identitaro-religieuse par les “valeurs de la République”. On combat une conquête identitaro-religieuse en réaffirmant puissamment et son identité et sa religion. La résistance à l’islamisation est en marche  »

Il revient à la gauche de s’affirmer clairement pour un accueil inconditionnel

Ce coup de force de celui qui appelle à la « contre-révolution » à la suite de la « révolution mondialiste qui a attaqué la chrétienté » inspire la classe politico-médiatique identitaire française : pétitions de De Villiers pour un référendum sur l’immigration, appels à « punir » les associations d’aide aux exilés et tentative de calquer le modèle britannique avec « l’opération tricolore ».

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Très largement encensé par Frontières, ce trend consiste à se photographier avec un drapeau français ou à placer des drapeaux sur des lieux stratégiques comme sur le périphérique.

Si cela peut paraître inoffensif et risible, dans un contexte de violences raciales visant les personnes exilées (inscriptions néonazies aux Arches citoyennes, action de Némésis contre le camp antiraciste du 10 septembre, vols de gilets de sauvetage et contamination de cuves d’eau à Grande-Synthe, agression à l’urine lors de l’occupation de l’Hôtel de Ville par Utopia 56, attaques constantes envers le collectif des jeunes du parc de Belleville, volonté du gouvernement de supprimer l’AME), il revient à la gauche de s’affirmer clairement pour un accueil inconditionnel et de veiller attentivement à ce que prépare l’extrême droite envers les personnes les plus vulnérables.

Written by Marie Coquille-Chambel

Published on 17 septembre 2025

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Par Léna Rosada

En avril 2016, Emmanuel Macron lançait En marche. Dix ans et deux mandats après, Politis revient sur la trajectoire du mouvement « ni de droite ni de gauche » et de son homme fort pour dentifier  le rôle historique du macronisme.

On le surnomme le chantier du siècle. Mediacités se penche sur le rapport alarmant de la Cour des comptes quant à la construction des 107 kilomètres  du Canal Seine Nord Europe, une grande autoroute fluviale entre Paris et le Nord de l’Europe. 

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Dix ans de Macronie : du « en même temps » à l’impasse

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