Published on 11 septembre 2025

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5 min

« Bloquons tout, surtout les riches »

#News

Hier soir, j’étais au rassemblement à place des Fêtes (Paris 19e), après avoir participé à la journée de mobilisation « Bloquons tout » à Saint-Denis. J’ai rarement ressenti un tel malaise pendant un événement militant que ce soir-là. Le décalage entre d’une part, une foule de jeunes militant‧es d’apparence blanche et plutôt bourgeoise, et l’espace où nous […]

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Hier soir, j’étais au rassemblement à place des Fêtes (Paris 19e), après avoir participé à la journée de mobilisation « Bloquons tout » à Saint-Denis. J’ai rarement ressenti un tel malaise pendant un événement militant que ce soir-là. Le décalage entre d’une part, une foule de jeunes militant‧es d’apparence blanche et plutôt bourgeoise, et l’espace où nous nous trouvions – l’un des derniers quartiers populaires de Paris intra-muros – m’a donné la désagréable impression d’assister à un after work branché pour cool kids révolutionnaires. Sans que le sens politique de notre présence dans cet espace n’ait été réellement questionné.

Cette soirée venait clôturer une journée d’actions en demi-teinte, qui a peiné à mobiliser au-delà des cercles habituels de convaincu‧es. Évidemment, l’idée n’est pas de jeter la pierre aux personnes qui se sont organisées pour que ces actions se déroulent : il y a eu un travail considérable de mobilisation en amont, et dans un tel contexte de morosité politique, c’était déjà en soit une petite prouesse. Mais s’il fallait tirer un bilan de la journée du 10/09, c’est celui du fossé grandissant (et inquiétant) entre une partie de la gauche militante – dans laquelle je m’inclus – et les habitant‧es des quartiers populaires.

On fout le zbeul chez les pauvres pour son shot d’adrénaline et on repart l’esprit tranquille ?

Sur le même sujet : Pas de Nouveau Front populaire sans les quartiers populaires

Hier soir à place des Fêtes, donc, j’ai assisté à cette scène lunaire où un jeune homme visiblement très sûr de lui a frappé au visage (1) une habitante du quartier et militante CGT depuis 40 ans, qui tentait de l’empêcher de renverser des poubelles sur un passage piéton. Une autre habitante et elle lui faisaient remarquer, à juste titre, qu’il était certainement plus utile d’aller construire des barricades rue de Varennes,  dans le très chic 7e arrondissement de Paris plutôt que de mettre le zbeul (2) chez les pauvres (et en l’occurrence, les racisé‧es), qui en prennent assez dans la tête au quotidien. Pour couronner l’indécence, l’argumentaire apporté pour justifier ce qui venait de se dérouler : « la Commune est née à Ménilmontant ». Cela se passe de commentaires.

1

Les mouvements autonomes et antifas, si prompts à se réclamer des mots d’ordre féministes et antiracistes, feraient bien de s’interroger sur leurs rapports à la masculinité toxique et de ne pas oublier qu’au-delà des mots, le féminisme et l’antiracisme se pratiquent avant tout dans des modes d’actions attentifs à ces rapports de pouvoir.

2

Le bordel.

A l’issue de cette journée, la question semble loin d’être anecdotique : comment repenser les spatialités de nos luttes ? Car à Paris et ses alentours, la majorité des actions prévues se sont concentrées dans le fameux « quart nord-est », avec une clôture en apothéose à Place des Fêtes le soir même (ce qui dit évidemment beaucoup de la sociologie du mouvement). Il s’agit d’abord de questionner la violence de classe sous-jacente à ces rassemblements largement hermétiques aux habitant‧es historiques de ces quartiers. Inclure celles et ceux qui y vivaient bien avant que ces quartiers ne se voient grignoter par la gentrification, sans préjuger de ce qu’ils et elles veulent, apparaît une nécessité largement oubliée.

Shot d’adrénaline

Déplacer les actions vers l’ouest parisien semblerait une stratégie bien plus efficace et légitime.

L’enjeu est aussi stratégique : qui est-ce qu’on emmerde quand les actions ont lieu là-bas ? Quel est le sens de balancer des poubelles sur la rue pour bloquer un quartier duquel très peu (voire aucun‧e) d’habitant‧es se sont senti‧es invité‧es à rejoindre le mouvement ? On fout le zbeul chez les pauvres pour son shot d’adrénaline et on repart l’esprit tranquille, avec la certitude d’avoir pris part à la Commune de Paris 2.0 ?

Sur le même sujet : « Les quartiers populaires ne sont pas des déserts politiques »

Si le mouvement devait durer, construire et renforcer les liens avec les habitant‧es des quartiers populaires (dont la colère est bien réelle !) est primordial ; et déplacer les actions vers l’ouest parisien semblerait une stratégie bien plus efficace et légitime. C’est exactement ce qu’avaient fait les gilets jaunes, ou encore les manifestations sauvages pendant la réforme des retraites : investir les quartiers bourgeois, pour visibiliser les luttes là où sinon, on sait très bien faire comme si on ne les voyait pas. Parce qu’en attendant, à l’Élysée et dans les beaux quartiers, il est beaucoup trop facile de faire comme si toute cette colère populaire n’avait jamais existé.

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Published on 11 septembre 2025

Hello 👋

Here is the edition of  

Par Virgil Bauchaud

Les lycéen·nes français·es ne sont pas les seul·es à se mobiliser. Politis nous emmène au Chili, où les jeunes manifestent contre la politique de leur président d’extrême droite, José Antonio Kast. Des programmes socio-éducatifs et 1.800 postes d’enseignant·es sont menacés par le budget 2027. Et là aussi, les lycéen·nes chilien·nes font face à une violente répression policière.

 

Ça pourrait être le début d’une série politique. A Tourcoing, un élu de la majorité a reconnu s’être servi de la vidéosurveillance de la ville pour observer les faits et gestes d’opposant·es insoumis·es mobilisé·es sur les blocus de lycées, raconte Médiacités.

#Extrême droite #International

Au Chili, malgré la répression, les étudiants défient le président d’extrême droite

Published on 08/10/2026 à 11:24

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8 min

« Président Kast, réfléchissez-y à deux fois avant de vous attaquer au mouvement étudiant », a assené en conférence de presse Darlyn Marilef, porte-parole de l’Asamblea Coordinadora de Estudiantes Secundarios (Assemblée de coordination des lycéens), jeudi 1er octobre, après une importante mobilisation des jeunes dans plusieurs villes du Chili. « Nous savons comment nous organiser et nous mobiliser, et […]

#Racisme

Chez Plus que pro, des milliers de CV triés sur des critères sexistes et xénophobes

Published on 09/10/2026 à 06:00

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9 min

Depuis plusieurs plateformes d’emploi, l’entreprise alsacienne Plus que pro a trié des milliers de CV sur des critères de genre et d’origine supposée des personnes, à leur insu. Selon des documents de travail et des témoignages que Rue89 Strasbourg a pu recueillir, ce dispositif dénommé Vortex a été utilisé dans le cadre des démarchages de l’entreprise.