Published on 13 mai 2026

4 min

À gauche, le casse-tête de la candidature

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À gauche, la désignation présidentielle est devenue un piège autant qu’une nécessité. Derrière les appels à l’union persistent des fractures stratégiques et idéologiques. Tour d’horizon des options.

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Jean-Luc Mélenchon à la Fête de l’Humanité, le 15 septembre 2023.

Primaire et mat

L’idée d’une primaire revient régulièrement dans le débat à gauche. C’est le pari défendu autour de Lucie Castets avec le « Front populaire 2027 », mais aussi par Olivier Faure – sans majorité au Parti socialiste, dont l’un des courants, celui de Boris Vallaud, vient de claquer la porte de la direction –, Marine Tondelier, François Ruffin ou Clémentine Autain. Sur le papier, la méthode paraît idéale : départager démocratiquement les candidatures, mobiliser les électeurs et donner une légitimité populaire au vainqueur.

Sur le même sujet : « La légitimité d’une candidature ne peut reposer uniquement sur des sondages ou une affirmation personnelle »

La primaire socialiste de 2011, qui avait permis l’émergence de François Hollande, reste souvent citée comme un modèle, mais le traumatisme de 2017 pèse lourd. Cette fois-là, Benoît Hamon était sorti affaibli d’un processus qui avait surtout exposé les fractures internes du PS. Depuis, beaucoup redoutent qu’une nouvelle primaire ne tourne à la guerre civile télévisée. Car les divergences entre sociaux-démocrates, écologistes, insoumis et tenants d’une ligne plus « républicaine » ou « souverainiste » dépassent désormais les simples nuances. Immigration, Europe, laïcité, Ukraine ou stratégie économique : les désaccords touchent parfois à des visions du monde incompatibles.

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Conclave et entre-soi

Face à ce risque, certains défendent une autre voie : celle d’un « conclave » des partis. L’idée serait de négocier un accord global entre appareils autour d’un programme minimal et d’un candidat de compromis. Une méthode plus discrète et plus contrôlée, censée éviter les affrontements publics, mais qui comporte aussi ses limites : elle renforcerait l’image d’une gauche enfermée dans les tractations internes et pourrait accoucher d’un candidat sans véritable dynamique populaire. C’est la ligne privilégiée par Boris Vallaud, Yannick Jadot, Raphaël Glucksmann ou encore Carole Delga autour de l’appel « Construire 2027 ».

Sur le même sujet : Boris Vallaud : « Le boulot de la gauche, c’est d’arrêter de ne parler que d’elle-même »

Sondages et pifomètre

Reste enfin la tentation des sondages. Dans une démocratie toujours plus présidentialisée, le « meilleur candidat » devient souvent celui qui paraît le mieux placé dans les enquêtes d’opinion. Cette logique favorise les personnalités médiatiques capables de séduire au-delà de leur camp. Raphaël Glucksmann observe cette évolution avec intérêt, tout comme François Ruffin. Mais gouverner par les sondages revient aussi à laisser les stratégies politiques dépendre de courbes fluctuantes plutôt que d’un projet collectif.

Si la gauche entre dans la campagne de 2027 divisée, épuisée et sans récit commun, c’est un avantage redoutable pour la droite, sans doute unie, et l’extrême droite.

Autosuffisance

La France insoumise défend, elle, une quatrième logique : celle du leadership naturel. Jean-Luc Mélenchon considère depuis longtemps que la légitimité découle du rapport direct au peuple et des résultats électoraux, davantage que des négociations d’appareil. Dans cette vision, une primaire reviendrait à contester artificiellement un leadership déjà établi. Mais cette approche personnalise à l’extrême la vie politique et rend les coalitions durables plus difficiles. D’une certaine manière, François Hollande, probable futur candidat, estime lui aussi disposer d’une forme de légitimité propre.

Sur le même sujet : Jean-Luc Mélenchon : « Nous sommes les plus forts à gauche »

Derrière ces débats de méthode se cache une question plus profonde : la gauche veut-elle encore fonctionner collectivement ? La Ve République pousse à l’incarnation et à la personnalisation, tandis que les gauches françaises restent culturellement attachées à la délibération collective. Le danger est désormais connu. Si la gauche entre dans la campagne de 2027 divisée, épuisée et sans récit commun, c’est un avantage redoutable pour la droite, sans doute unie, et l’extrême droite.

Written by Pierre Jacquemain

Published on 13 mai 2026

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#Communs #Libertés

Bally Bagayoko : « La campagne présidentielle doit partir de Saint-Denis : c’est une évidence »

Published on 13/05/2026 à 13:30

14 min

Le maire de Saint-Denis, élu au premier tour des dernières municipales, figure montante de La France insoumise, revient sur les orientations qu’il souhaite donner à son mandat : répondre aux urgences quotidiennes et donner la priorité à la jeunesse. L'édile dyonisien place la mobilisation des quartiers populaires au cœur de la stratégie insoumise. 

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Par Jean-Marie Leforestier
 

Entre les emplois promis et les convictions antimilitaristes, la gauche peine à arrêter sa position sur la construction d'un nouveau porte-avions aux chantiers navals de Saint-Nazaire, décrypte Mediacités

La canicule frappe la France et concentre les discussions sur les plateaux télé, constate Arrêt sur images. Et les débatteur·euses pensent avoir la solution : la climatisation, sans questionnement sur la soutenabilité écologique de ces installations. 

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Pourquoi la canicule met les réseaux de transport urbain et les passagers au supplice

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Plus de TER entre 10h et 18h en Nouvelle-Aquitaine, nombreux bus arrêtés et moitié moins de trams à Bordeaux : les fortes chaleurs obligent les opérateurs de transports en commun à réduire drastiquement la circulation, en raison de conditions insupportables pour les salariés, les usagers et le matériel. Les réseaux, notamment électriques qui les alimentent, sont mis à mal.

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Malgré les promesses d’emplois, la construction du porte‐avions « France‐libre » divise la gauche en Loire‐Atlantique

Published on 25/06/2026 à 07:30

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Pour la construction du navire à 10 milliards d’euros, l'Élysée et Naval Group avancent le chiffre de 14 000 emplois mobilisés, notamment autour de Nantes et Saint-Nazaire. Des promesses économiques critiquées par une mobilisation « antimilitariste » d’une frange du monde syndical et de la gauche. Alors que d’autres parmi eux soutiennent le projet.