Publié le 03 septembre 2026

4 min

Le groupe Sud Ouest en passe d’être vendu au belge Rossel, propriétaire de « La Voix du Nord »

#Actu

La famille Lemoîne, qui détient environ 80 % du groupe Sud Ouest, est entrée en négociations exclusives avec la filiale Rossel France du groupe de presse belge. L’opération, qui pourrait être finalisée d’ici la fin de l’année, donnerait naissance au troisième groupe de presse régionale en France.

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Locaux du journal Sud Ouest, rive droite de Bordeaux

La famille Lemoîne, qui détient environ 80 % du groupe Sud Ouest, est entrée en négociations exclusives avec la filiale Rossel France du groupe de presse belge. L’opération, qui pourrait être finalisée d’ici la fin de l’année, donnerait naissance au troisième groupe de presse régionale en France.

C’est une page importante qui pourrait se tourner pour le groupe Sud Ouest (GSO). La famille Lemoîne, héritière du fondateur du quotidien, est entrée en négociations exclusives avec le groupe belge Rossel en vue de lui céder ses parts. L’opération, annoncée ce jeudi, reste soumise à la consultation des représentants du personnel et pourrait être finalisée « d’ici la fin de l’année 2026 », selon les deux groupes.

Le montant de la transaction n’a pas été communiqué. D’après une source proche du dossier citée par le journal Sud Ouest, le rachat pourrait atteindre une centaine de millions d’euros. A titre de comparaison, qui illustre la dévaluation de la presse, c’est à peine plus que le montant auquel GSO avait fait en 2008 l’acquisition d’un titre Midi Libre, revendu 15 millions à La Dépêche du Midi 7 ans plus tard.

Un groupe de plus de 400 millions d’euros

Le groupe Sud Ouest pèse bien plus lourd : il rassemble notamment Sud Ouest, La Charente Libre et La République des Pyrénées, mais aussi des activités dans l’événementiel (dont Côte Ouest, coorganisateur du festival Pagaille qui s’est tenu le week-end dernier), l’audiovisuel (TV7) et les services de communication. Ces activités représentent désormais environ 30 % de son activité, selon les chiffres communiqués par le groupe.

Le groupe assure par ailleurs afficher un résultat positif depuis dix ans, même si la société éditrice de Sud Ouest, la Sapeso, était déficitaire en 2025. Le quotidien est diffusé à environ 164 000 exemplaires par jour et compte quelque 700 salariés, dont 230 journalistes, selon les chiffres de l’Alliance pour les chiffres de la presse et des médias cités par Sud Ouest.

Si elle aboutit, l’opération ferait de Rossel-Sud Ouest un poids lourd de la presse régionale française. Le nouvel ensemble pèserait plus de 400 millions d’euros de chiffre d’affaires, derrière Sipa-Ouest-France et Ebra (propriété du Crédit Mutuel, et rassemblant les quotidiens régionaux de l’Est de la France).

Le groupe Rossel, détenu par la famille Hurbain, est propriétaire en France de plusieurs titres régionaux, dont La Voix du Nord, Le Courrier picard et L’Union-L’Ardennais. Il emploie environ 1 700 personnes dans l’Hexagone.

« Surprise »

La décision de vendre les parts familiales n’a pas été prise à la légère. « C’est une décision lourde », a déclaré Tristan Lemoîne, vice-président du conseil d’administration de GSO, à Sud Ouest. Elle aurait été prise à l’unanimité de la cinquantaine d’actionnaires de la famille, avec, selon lui, « beaucoup d’émotion ».

Du côté de la rédaction, l’annonce est accueillie avec « surprise », même si l’hypothèse d’une vente n’était pas totalement inattendue. « Les actionnaires familiaux avaient déjà fait savoir par le passé qu’ils étaient ouverts à des offres », précise une source au sein de la rédaction. Celle-ci ajoute que l’annonce du groupe Rossel « fait moins peur que beaucoup d’autres noms » – il connait le secteur et ses métiers, et n’a pas d’agenda politique.

Mais la rédaction, déjà engagée dans un nouveau plan d’économies qu’elle conteste, redoute que le nouvel actionnaire poursuive, voire accentue, cette logique. « Il va probablement aussi rationaliser, il va aussi faire des économies », estime cette source. « Si on regarde le verre à moitié plein, on se dit que c’est malgré tout l’occasion de repartir avec des moyens plus importants, à plus grande échelle », résume-t-elle.

Synergies attendues

Pour l’heure, aucun projet précis n’a encore été présenté à la rédaction, qui attend désormais d’en savoir davantage sur les intentions du groupe belge et les éventuelles synergies envisagées. Le rapprochement permettrait notamment de mutualiser certains investissements technologiques et de développer de nouveaux services numériques. Les deux groupes mettent en avant l’objectif de renforcer leur capacité à investir tout en maintenant l’ancrage local de leurs titres.

Le groupe Sud Ouest a déjà connu plusieurs restructurations ces dernières années. Après 81 départs en 2024, un nouveau plan prévoit une cinquantaine de départs volontaires ou de non-remplacements d’ici à 2028. L’arrivée éventuelle de Rossel ouvre donc une nouvelle période pour les salariés comme pour les titres du groupe.

Pour la famille Lemoîne, qui contrôle le groupe depuis plusieurs générations, l’opération marquerait en tout cas la fin d’une longue histoire actionnariale.

Par La Rédaction

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