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Après six licenciements en 2025, neuf autres sont programmés au Conseil d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement (CAUE) de Gironde. Syndicats de salariés dénoncent l’intervention de la police lors de la dernière assemblée générale, et nombreux députés apportent leur soutien et alertent sur la disparition progressive de l’ingénierie locale face aux risques climatiques.
Face à la nouvelle vague de licenciements qui frappe le Conseil d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement (CAUE) de Gironde, le soutien politique de l’Assemblée nationale se renforce. Plusieurs députés girondins ont déjà apporté leur soutien au CAUE, parmi lesquels l’écolo Nicolas Thierry, ainsi que les socialistes Alain David, Pascale Got, Marie Recalde et Sébastien Saint-Pasteur.
Ce 1er septembre, c’est la députée Mathilde Feld qui prend position en faveur des salariés et de leurs représentants syndicaux. Après six suppressions de postes en 2025, neuf nouveaux licenciements doivent en effet réduire l’équipe de 26 à 11 salariés en 2027.
Police à l’AG
La députée France Insoumise réagit surtout après une assemblée générale extraordinaire qui s’est tenue le 24 août dans un climat particulièrement tendu, avec une intervention de la police.
« Je tiens à exprimer ma vive préoccupation quant aux conditions dans lesquelles s’est tenue l’assemblée générale du CAUE de Gironde, appelée à se prononcer sur une seconde vague de neuf licenciements en 2026, après six suppressions de postes en 2025 », a précisé l’élue dans son communiqué.
La CGT et la CFDT étaient mobilisées contre ce second plan de licenciements le jour de cette assemblée. Dans un communiqué publié le 28 août, les syndicats ont dénoncé l’intervention demandée, selon eux, par le Département. Sollicité, la collectivité n’avait pas répondu à l’heure de la publication de cet article.
« L’usage de la force policière contre les syndicats pour passer en force des licenciements est un scandale politique et un mépris total envers les salarié-es », écrivent les syndicats, qui affirment que des salariés d’une dizaine de CAUE d’autres départements avaient rejoint la mobilisation girondine.
Une baisse d’effectifs de 60 %
La CGT et la CFDT dénoncent une destruction progressive de cette « ingénierie publique » de proximité. Les syndicats rappelle que le CAUE 33 avait engagé des travaux et des formations sur plusieurs risques naturels : incendies, inondations, submersion marine et retrait-gonflement des argiles. Ils citent notamment un accompagnement en urbanisme engagé en 2025 avec la commune du Porge, depuis sinistrée par les incendies.
Avec les neuf nouvelles suppressions de postes, le CAUE passerait de 26 salariés à 11, soit une baisse de près de 60 % des effectifs en deux ans. L’intersyndicale craint que les postes supprimés concernent en priorité les fonctions opérationnelles de terrain, ce qui rendrait selon elle la structure progressivement inopérante.
Les syndicats mettent enfin en regard cette situation avec les moyens consacrés à l’après-incendie. Evoquant les « 100 millions pour la Gironde », ils déplorent que l’ingénierie de terrain nécessaire à la reconstruction et à l’adaptation du territoire soit abandonnée.
Sept départements sans CAUE
Apportant son « soutien aux salariés, à leurs représentants syndicaux et à toutes celles et ceux qui se mobilisent pour préserver ces outils de service public territorial », Mathilde Feld s’inquiète à la fois du sort des salariés et de l’affaiblissement des CAUE. Ceux-ci fournissent notamment aux collectivités et aux habitants une expertise sur l’architecture, l’urbanisme et l’adaptation des territoires au changement climatique, mais aussi forment les élus à ces sujets.
« Après l’été que nous avons traversé, jalonné d’épisodes caniculaires, de mégafeux en Gironde et de catastrophes naturelles partout en France, ces associations présidées par les Départements devraient être protégées… Pourtant, le gouvernement Lecornu persiste avec la réforme de la taxe d’aménagement qui a provoqué leur faillite financière. »
La députée rappelle également avoir interpellé le gouvernement à deux reprises, en 2025 puis en 2026, sur le financement des CAUE, sans avoir obtenu de réponse à ce jour. Selon elle, 40 millions d’euros auraient manqué aux CAUE à l’échelle nationale en 2025. L’insoumise affirme également que sept Départements ne disposent déjà plus de CAUE.
