Publié le 13 juin 2026

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3 min

Jordan, éborgné après la victoire du PSG : la télé aveugle aux violences policières ?

#Médias #Racisme

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L'histoire, tragique, est racontée sur le site de Mediapart cette semaine. Jordan, 26 ans, mannequin de profession, était près des Champs-Elysées le samedi 30 mai pour célébrer la seconde ligue des champions du PSG. Il n'est pas fan de foot, il voulait juste passer un bon moment avec ses potes, et faire la fête à Paris, comme beaucoup de gens ce soir-là. 

Mais vers 22h30 - selon son récit et celui de ses amis - Jordan est gravement touché à l'oeil, très vraisemblablement par un tir de LBD. Il saigne abondamment et malgré une prise en charge rapide des pompiers, puis une opération dans la foulée à l'hôpital Cochin, il perd la vue. Les documents médicaux, consultés par Mediapart, évoquent un traumatisme d'une "gravité exceptionnelle", qui a provoqué "l'éclatement" de son globe oculaire, et plusieurs fractures du visage. 

Le 4 juin, Jordan a déposé plainte à l'IGPN, l'Inspection générale de la police nationale, pour violences avec arme par personne dépositaire de l'autorité publique. Le parquet de Paris indique avoir ouvert une enquête. "Je veux qu'il y ait réparation et qu'il y ait une sentence à la hauteur de ce qu'il a fait, du choix qu'il a pu faire", dit Jordan à Mediapart. 

Il le dit face caméra, avec un large pansement sur l'oeil gauche, sous un cache oeil transparent. Ce soir du 30 mai, au moins deux autres adolescents, âgés de 13 et 14 ans, ont aussi perdu un oeil lors d'interventions policières, à Bobigny et Fontenay-sous-Bois. 

L'histoire de ces jeunes gens atteindra-t-elle la télévision ? Rien n'est moins sûr. Moins de 24h après sa publication, le témoignage de Jordan n'a, pour l'heure, été repris par... aucun média, selon Google Actualités. Un silence aussi peu surprenant qu'il n'est désespérant.

Les 1832 cartouches de LBD tirées ce soir-là, la même arme qui avait éborgné plus d'une vingtaine de personnes pendant le mouvement des gilets jaunes, pourraient pourtant constituer un excellent point de départ pour rouvrir le débat sur leur utilisation par les forces de l'ordre. Mais non. Et soyons réalistes : les chances d'entendre le récit de Jordan aux JT - ou même sur les chaînes d'info - sont minces. 

Ici, on respecte les choix éditoriaux de la plupart des médias, et nous sommes en mesure de comprendre que certaines actualités puissent l'emporter sur d'autres, surtout en ce moment, que ce soit en France ou ailleurs. Mais ces mêmes chaînes, à un moment où l'actualité n'était pas non plus très tiède, n'avaient pourtant pas hésité à dédier leurs antennes, plusieurs jours durant, aux violences qui avaient émaillé les célébrations du titre du PSG, à travers la France. Avec en plateau ce qu'il faut de défenseur des forces de l'ordre, et dans leur viseur les perturbateurs, et presque uniquement ceux-là. 

À ce titre-là, Jordan, et les autres personnes qui ont perdu la vue ce soir-là suite à des tirs policiers, mériteraient très probablement un peu plus d'attention. On peut toujours rêver. 


Par Robin Andraca•

Publié le 13 juin 2026

Bonjour 👋

Voici l'édition du  

Par Virgil Bauchaud

« Ils disent : “Donne ton mot de passe.” Je dis non, parce que j’en ai le droit. Ils me mettent une gifle ». A travers le témoignage d’un lycéen interpellé après un blocus, Politis questionne une violence institutionnalisée et donne la parole à des magistrat·es choqué·es par cette situation.

 

Une répression symbolisée par l'armement massif des forces de l’ordre. Rue89Lyon constate un recours aux drones presque automatique pour surveiller les manifestations. De son côté, Rue89Strasbourg revient sur l’ouverture d’une nouvelle enquête après un tir de LBD ayant blessé un jeune.

#Libertés

Mouvement lycéen à Lyon : comment la loi Ripost facilite l’usage de drones par la police

Publié le 08/10/2026 à 06:00

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7 min

Depuis le début du mouvement des lycéens, la préfecture du Rhône a recouru à des drones pour surveiller la mobilisation. Les arrêtés autorisant leur usage sont quasi systématiquement pris a posteriori par les services de l’État, qui s’appuient sur une disposition de la récente loi Ripost. Cela rend très difficiles les recours pour contester leur légalité.

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