Publié le 26 mai 2026

4 min

Poursuivi pour violences dans l’affaire du CSC de l’Elsau, Hmida Boutghata relaxé par le tribunal

#Communs #Libertés

Ce mardi 26 mai, le tribunal correctionnel de Strasbourg a relaxé Hmida Boutghata, président de l’association de locataires Alis. Il comparaissait aux côtés d’un autre habitant de l’Elsau, qui lui a été condamné, pour violences sur un élu dans le cadre d’une réunion publique qui avait dégénéré.

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La éunion publique de 2025 à l’école de Vinci de l’Elsau, sur l’avenir du CSC s’était déroulée dans un contexte très tendu, qui a conduit à la condamnation d’un des deux individus poursuivi.

Ce mardi 26 mai, le tribunal correctionnel de Strasbourg a relaxé Hmida Boutghata, président de l’association de locataires Alis. Il comparaissait aux côtés d’un autre habitant de l’Elsau, qui lui a été condamné, pour violences sur un élu dans le cadre d’une réunion publique qui avait dégénéré.

L’un relaxé, l’autre reconnu coupable. Dans l’affaire de la réunion houleuse sur le centre socio-culturel de l’Elsau, deux habitants avaient été appelés à comparaître devant le tribunal correctionnel de Strasbourg pour des menaces et violences sans entraîner d’incapacité contre Marilyne Poulain, l’ancienne préfète déléguée à l’égalité des chances du Bas-Rhin, ainsi que Guillaume Libsig et Hülliya Turan, deux adjoints à l’ancienne maire Jeanne Barseghian.

Le premier, figure médiatique locale et président de l’association de locataires Alis, a été relaxé ce mardi 26 mai. Le procureur Stéphane Renard avait requis à l’encontre de Hmida Boutghata quatre mois d’emprisonnement avec sursis, assortis d’une interdiction de détenir une arme pour une durée minimale de trois ans et d’une obligation de suivre un stage de citoyenneté dans un délai de six mois. Le tribunal n’a pas suivi ces réquisitions, notamment au nom de l’expression politique.

Second habitant du quartier à comparaître, Nabile L. a quant à lui été déclaré coupable de « menace de mort ou d’atteinte aux biens dangeureuse » envers Maryline Poulain. Lors de la fameuse réunion, cet ancien bénévole du centre, avait notamment enfilé des gants de boxe et prononcé, selon plusieurs témoins « je vais la tuer, je vais tous les tuer ».

Le tribunal lui ordonne d’effectuer 35 heures de travail d’intérêt général dans les dix-huit mois suivant la décision, avec exécution provisoire. Une sanction moins lourde que celle réclamée par le procureur. Il requérait à son encontre entre quatre et six mois d’emprisonnement avec sursis, malgré un suivi psychologique pour sa schizophrénie et un épisode de décompensation psychique survenu quelques mois plus tard.

Il a en outre été condamné à verser 300 euros de dommages et intérêts à Maryline Poulain, ainsi que 800 euros au titre des frais engagés dans la procédure.

Relaxe au nom de l’expression politique

Pour Hmida Boutghata, les juges ont retenu l’absence de « volonté d’intimidation », au regard de « l’expression politique admise » dans ce type de réunion publique. Le 18 mars 2025, une rencontre organisée avec les habitant·es de l’Elsau autour de l’avenir du centre socio-culturel du quartier avait viré à la confrontation. Alors que la préfecture et la Ville de Strasbourg entendaient rassurer les personnes inquiètes depuis la liquidation judiciaire de l’association gestionnaire du CSC — intervenue après la suspension de ses financements — la réunion avait rapidement échappé au cadre prévu par l’organisation.

Comme l’avait raconté Rue89 Strasbourg, Marilyne Poulain et Guillaume Libsig avaient été pris à partie par les deux habitants. « Ils sont là les menteurs et voleurs de la démocratie ! On va les balayer », scandait notamment Hmida Boutghata, agitant un balai devant les élus d’une main, tout en filmant la scène avec son téléphone portable de l’autre.

Au nom de « ce qu’on avait subi, l’objectif » était de « déstabiliser » l’ancien adjoint à la maire de Strasbourg en charge de la vie associative et de le « sanctionner politiquement« , avait défendu Hmida Boutghata lors de l’audience. « C’est un balai oublié par les services de la Ville, et c’était un symbole pour dénoncer l’état du quartier, avait appuyé Hmida Boutghtata, évoquant l’objet comme « le balai de la République ». Lors de l’audience, Guillaume Libsig et Marilyne Poulain avaient assuré de concert que celui-ci avait été placé à quelques centimètres du visage de l’adjoint. Or, « il ressort des vidéos que s’il a tendu le balai, il est resté à distance », note Isabelle Karolak, présidente du tribunal dans sa décision. Avant d’ajouter que Guillaume Libsig « n’a pas reculé ».

L’ancien élu n’a par ailleurs pas réussi à convaincre le tribunal de son affection. Le jour de l’audience, il avait présenté des attestation de suivi psychologique, postérieur à la réunion publique. Le tribunal a finalement estimé que le document ne permettait pas « d’établir un lien de causalité ». Si le tribunal reconnaît toutefois une « atteinte » à l’ancien élu, les propos tenus par Hmida Boutghata ne peuvent être assimilés à des « violences psychologiques », ni constituer des « violences ».

Le parquet a la possibilité de déposer un appel de cette décision.

Par Margaux Delanys

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